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Sénatoriales : le spectacle pathétique de la gauche

Jean Pierre Bel cdt senat
Suite à la déroute de la gauche, Jean Pierre Bel va devoir quitter la présidence du Sénat. Photo / Crédit Sénat

Franchement, on peut se le dire, heureusement que les Sénatoriales se passent en huis-clos. Non que j’affectionne particulièrement cette élection de notable, ni l’institution elle-même, sorte de club du 3e âge politique réac’, mais on ne peut que constater à quel point la gauche montre son visage le plus pathétique…

 

Je ne m’aventurerais pas à commenter les résultats, pour tout dire l’enjeu n’est pas vraiment là. Quelle que soit la couleur politique du Sénat, l’institution a très peu de pouvoir et en fait rarement quelque-chose de très bon. La parenthèse de gauche a donné quelques spectacles très éloquents, comme cette loi sur l’interdiction des licenciements boursiers, alors votée par le PS avant la victoire de Hollande, puis complètement snobée par l’Assemblée Nationale une fois les socialos majoritaires…

 

Le Parti qui n’a plus rien de socialiste

Le PS justement, le « Parti dit Sérieux » comme dirait un ami, a sa bonne part dans la tragédie actuelle. La politique qu’il mène n’est même pas dans la droite ligne de l’entêtement libéral de Sarkozy : elle est pire ! Toujours les mêmes méthodes depuis 30 ans, avec toujours les mêmes résultats.

Le dogmatisme de la réduction de la dette illégitime conduit à l’augmenter encore, au profit des détenteurs des intérêts : les banques privées. Baisse des cotisations patronales, précarisation du travail, baisse des salaires et des minimas sociaux… Tout ça donne le même résultat et s’accompagne d’un productivisme aveugle et dangereux pour notre écosystème. Comment peut-il espérer autre chose qu’une sanction à toutes les élections qu’il traversera ?

Il emporte avec lui toutes les organisations qui se réclament de la gauche. Qu’elles le soutiennent ou pas. Et l’alternative qui devrait se construire s’attache elle-même les pieds et les mains à une bouée en plomb pour plonger dans le Canal du Midi.

 

La Gauche embourbée dans des logiques d’appareil

L’alternative ? Le Front de Gauche, Europe Ecologie ? Ils sont paralysés par des logiques d’appareil. Le Parti Communiste a voulu faire sa liste seul, sans volonté d’accord ni avec ses partenaires du Front de Gauche, ni avec ceux qui contestent la politique du gouvernement. Dans certains départements, il a simplement demandé à tout le monde de le soutenir, sans contrepartie, sans discussion de fond. Pire, il a parfois trouvé des accords avec le PS… À n’y plus rien comprendre.

Chez Europe Ecologie, la logique est semblable. Dans les deux cas, les candidats, des hommes biberonnés à la professionnalisation de la politique, sont très peu représentatifs des mouvements qu’ils prétendent porter : l’écologie politique et le mouvement ouvrier. Pourtant, à elles deux, les listes auraient eu un élu. Mieux, au-delà des sénatoriales, à eux deux, ces mouvements sont en capacité de porter une logique majoritaire s’ils se placent dans l’esprit d’un rassemblement citoyen, tourné vers le peuple.

Pourquoi cela ne se fait pas ? Il y a de multiples raisons. Des désaccords de fond ? Pas indépassables. Des questions de personnes ? Personne n’est indispensable. En bonne place, c’est le nombrilisme politique, la logique d’appareil qui gangrène les idées. Tant que les organisations seront dans une approche de gestion d’un patrimoine électoral, pour mener un rapport de force entre-elles, elles seront incapables de transformer la société et s’éloigneront toujours plus des citoyens.

 

Partir du peuple

La leçon de la période est la suivante, il faut se tourner vers le peuple, et construire des mouvements qui ont vocation à balayer les vieux appareils politiques et leurs logiques nombrilistes. Une grande partie des militants de ces partis sont pour, une grande partie des citoyens conscients et proches de ces mouvements n’attendent que ça. Une grande partie de la population est asphyxiée par ce monde politique flou et pourri qui se détourne du bien commun. Alors dégageons nos vieux réflexes et ceux qui les représentent des positions de pouvoir.

C’est peut-être la seule manière de créer la réelle alternative qui barrera la route au fascisme en embuscade et en finira avec cette société qui asservi l’humain et détruit la nature. Faisons sauter les cloisons à coup de masse et ouvrons les portes et les fenêtres…

Romain Jammes

La rédactionhttps://www.toulouseinfos.fr
Pierre-Jean Gonzalez, rédacteur en chef de toulouseinfos.fr a collaboré avec de nombreux médias avant de prendre la direction du site toulousain, qui existe depuis 10 ans.

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