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Papus : une zone de non-droit au coeur de Toulouse

Papus : une zone de non-droit au coeur de ToulouseLoin des projecteurs des médias, certains quartiers de Toulouse semblent séparés du centre-ville par bien plus que quelques kilomètres. Le quartier Papus en est un exemple. Ce quartier est calme, mais le sentiment d’abandon y est fortement présent, tout comme dans ses quartiers voisins plus connus.

 

Propreté, le plan saleté est une réussite : si le quartier n’est pas une décharge à ciel ouvert, il est difficile de trouver 5m² propres, sans déchet quelconque. Les services municipaux nettoient régulièrement les rues et les passages. Mais ils refusent de mener une politique de prévention/sanction contre les habitants indélicats qui confondent notamment fenêtre et poubelle. En parlant de poubelle, il n’y en a pas une seule dans tout le quartier. Il n’y a pas non plus d’endroit où les chiens peuvent faire leurs besoins, les espaces verts sont donc abondamment minés. Le sol lui est pollué de longue date puisqu’il s’agissait d’une zone d’épandage test de l’ONIA, ancienne AZF.

Pollutions, aux premières loges : avec la rocade en bordure et un transit intérieur de plus de 8000 véhicules dans la rue centrale (problème nié par la mairie suite à un courrier au Maire du comité de quartier), le quartier souffre de la pollution des véhicules de passage. Le couloir aérien apporte lui une pollution sonore forte. Des habitants ont d’ailleurs installé à leurs frais un capteur du bruit des avions pour faire respecter la loi (la mairie, le département et la région ont refusé de financer ce projet). Enfin une pratique répandue, garagiste de plein-air, inonde les parkings à l’arrière des immeubles de grosses quantités d’huiles et autres produits toxiques.

Un quartier où les services de l’État ont peur de se rendre : la police municipale n’ose pas s’aventurer aussi loin du Capitole, tant mieux pour les voitures garées sur la piste cyclable. La police nationale elle ose de timides passages en voiture certaines après-midi mais tachez de ne pas avoir un malaise un samedi soir, vous risqueriez d’attendre longtemps. J’avais trouvé un homme couché par terre un samedi soir vers une heure du matin, j’ai appelé le 15 qui m’a renvoyé vers le 18 en me disant que peut-être les pompiers accepteraient de se déplacer…

Espaces verts, Attila à l’œuvre : jusqu’à cette année la gestion des nombreux espaces verts s’apparentait au passage d’une horde de Huns, après leur passage il n’y avait plus que de la terre.  Les nombreux arbres du quartier eux sont insuffisamment entretenus, et le parc diminue à chaque coup de vent. Un patrimoine végétal énorme hérité des décennies précédentes est donc en train de périr. Des changements ont toutefois été promis, à voir.

Pas d’emplois, mais un paradis fiscal : en tant que zone franche, le quartier attire des entreprises qui y installent leur boite aux lettres. Il n’y a donc pas d’emploi pour les habitants du quartier malgré des sommes importantes investies par les collectivités. Le petit commerce lui souffre énormément, et les rares magasins ferment les uns après les autres, tant pis pour les nombreuses personnes âgées. Rien ne semble être fait pour inverser cette tendance.

Mépris de proximité : en plus d’être délaissés par la mairie, les habitants ne sont même pas écoutés par les élus. Les élus municipaux du secteur ne signent pas les comptes rendus des réunions (pour pouvoir dire qu’ils ne savaient pas…), les propositions du comité du quartier (pourtant créé à l’époque en opposition à JL Moudenc et donc favorable aux Socialistes) sont constamment balayées par la nouvelle majorité, comme celle d’un marché de soirée (qui a été finalement fait place Belfort, au centre-ville…). Et lors de ces réunions de soi-disant « démocratie de proximité », une fois leur présentation propagande finie et que vient le temps des questions de la salle, les élus s’en vont.

Avec un tel bilan, les vainqueurs de la prochaine élection municipale dans ce quartier traditionnellement très ancré à gauche risquent d’être la défiance et l’abstention.

 

Chronique signée par Julien Faessel, ancien secrétaire d’Europe Ecologie les Verts à Toulouse que vous retrouverez un jeudi sur deux sur Toulouse Infos ou sur son blog http://julienfaessel.wordpress.com/.


La rédactionhttps://www.toulouseinfos.fr
Pierre-Jean Gonzalez, rédacteur en chef de toulouseinfos.fr a collaboré avec de nombreux médias avant de prendre la direction du site toulousain, qui existe depuis 10 ans.

3 Commentaires

  1. Cher(e)s Internautes,

    Une situation qui peut être déplorée, mais elle pourrait être la résultante de l’absence de volonté affichée de permettre aux policiers muniicpaux de disposer, notamment de jour de moyens de protection et de défense adpaptés, comme si de jour les policiers municipaux étaient moins exposés aux risques que la nuit.

    La preuve que non est rapportée par nos dix victimes du devoir depuis 1986, qui pour la plupart n’étaient pas armées et sont toutes tombées de JOUR sous les balles des malfrats. alors qu’un certain spécialiste de la sécurité semble nier cette évidence !!!

    Vous pouvez donc comprendre que les policiers municipaux notamment de jour puissent ne pas se risquer, alors même que la Police Nationale n’y ferait que de brêves apparitions, à s’exposer d’autant que ces derniers ne disposent pas du droit de retrait.

    Très sincèrement.

  2. Nouvel exemple qui prouve – si tant est qu’il en est encore besoin – que les politiciens se foutent royalement des conditions de vie des citoyens. Ceux-ci ne sont utiles que pour élire ces parasites… et ils sont suffisamment stupides pour le faire !

  3. J’habite le cartier depuis 5 ans et je ne rescent pas de sentiment d’insécurité sa va c’est pas Bagdad papus après c’est vrais qu’il c’est bien dégrader le cartier mais faudrait voir sa avec ceu qui gère les immeuble

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