D’où vient le nom du quartier Matabiau ?

📁 Toulouse en questions 🕔16 juin 2014

La gare Matabiau et le Canal du Midi. Photo / Crédit Archives départementalesUne question nous taraude, ici à Toulouse Infos. Et peut-être vous êtes-vous également demandé pourquoi. Pourquoi « Matabiau » ? Entre occitan, légendes et développement urbain, le temps des réponses est enfin arrivé.

 

Commençons par le commencement. Comme bien souvent à Toulouse, le nom « Matabiau » vient de l’Occitan. « Matabiau est en fait une mauvaise graphie de « mata buòu », qui signifie « tuer le bœuf », analyse Jacmes Delmas, notre chroniqueur ès Occitanie. Le quartier de la gare fut-il donc bâti sur un ancien abattoir ? Y trouvait-on un marché de viande ? Pour Hélène Kemplaire, directrice adjointe de l’Office du Tourisme, l’explication est ailleurs, du côté des légendes…

« Ce nom serait en fait lié au martyre de Saint Sernin », explique-t-elle. Revenons quelques siècles en arrière. IIIème siècle, Toulouse : Saturnin est le premier évêque chrétien (répertorié) de la Ville rose. Malheureusement pour lui, les temps ne le sont pas (roses) pour les catholiques. N’échappant pas à la règle, celui qui est aujourd’hui connu sous le nom de Saint Sernin subit les foudres des prêtres païens. Lors de la préparation d’un sacrifice rituel à Esquirol, l’évêque, qui se trouvait dans le coin, est interpellé. On lui demande de participer au sacrifice. Mais il refuse. Insatisfaits de cette réponse, les païens l’attachent au taureau destiné au sacrifice et frappent l’animal. Avant d’être stoppée, la bête a le temps de traverser la ville, traînant Saturnin derrière lui jusqu’à l’actuelle basilique Saint Sernin, en passant par une rue qui gardera un souvenir impérissable (son nom) de l’évènement : la rue du Taur.

La corde est donc coupée au niveau de la basilique mais le taureau continue sa course. « Le taureau aurait été tué aux portes de la ville, au niveau de Jeanne d’Arc, raconte Hélène Kemplaire. Le nom est resté mais a dû se déplacer avec le développement de la ville ».

 

Article de Joséphine Durand

Pas de commentaire

Pas de commentaires pour le moment

Soyez le premier à écrire un commentaire.

Ecrire un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *