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Conseil Municipal: Pierre Cohen défend son budget et place ses contres

Conseil Municipal de ToulouseVendredi dernier se tenait l’ultime Conseil Municipal de l’année dans les hauts-lieux marbrés du Capitole. Une réunion particulièrement importante pour la majorité municipale, qui a présenté les grands contours du Budget 2013. Celui-ci insiste sur la voie de l’investissement et accentue un peu plus le développement des structures scolaires. A souligner également, une atmosphère lourde et par moments tendue du Conseil, émaillé par une pique cinglante à l’égard du maire socialiste.

 

« Arriver à voter un budget en décembre relève du tour de force ». Quelques minutes avant le début du Conseil, Pierre Cohen n’a pas masqué sa satisfaction. « Nous le votons suffisamment tôt pour permettre une efficience rapide. Un budget qui met en place notre programme, qui n’est pas dans l’austérité malgré une période critique et complexe liée au contexte national » s’épanche t-il. Sur le papier, la rigueur n’est effectivement pas à l’ordre du jour. Sur les 765 millions d’euros présentés, 180 sont destinés aux investissements effectifs. Une injection conséquente conforme à la ligne tenue par la municipalité depuis son accession au pouvoir, puisqu’une nouvelle fois axée sur les crèches et les groupes scolaires. Certains, notamment dans l’opposition, avaient critiqué ce choix et préconisaient plutôt de serrer la ceinture. Pierre Cohen maintient. « L’investissement est en hausse de 15% par rapport à l’an dernier. Poursuivre dans cette voie est vital en période de crise. Cela signifie qu’il y a un souffle apporté par la puissance publique ». Marie Déqué et consorts avaient également fustigé une explosion des dépenses de fonctionnement et prédit une probable augmentation des impôts en conséquence. Pour 2013, ces dépenses s’échelonnent à hauteur de 580 millions d’euros. Le grand manitou se veut rassurant. « Comme l’an dernier, nous n’augmentons pas les taux d’impôts ». Dernier renvoi de boomerang pour le maire socialiste, la question des effectifs municipaux. « Je réponds ici à ceux qui disent que nous avons créés des emplois tous azimut. Il y a actuellement 7654 emplois à temps plein, ce qui porte à 369 le nombre de postes créés depuis 2008. Je rappelle qu’en 2007, l’ancienne municipalité en avait intronisé plus de trois cent rien que cette année-là ». L’argument chiffré, une valeur sure.

 

« Je suis habitué à vos méthodes »

Ce dernier conseil municipal de l’année s’est déroulé dans une ambiance particulière. Dès l’entame, marquée par l’annonce du décès de la conseillère générale Marie-Christine Lafforgue, les crocs sont sortis. Le groupe non-inscrit Démocrate et Républicain a reproché les « méthodes de démocratie » appliquées par la majorité municipale concernant l’affaire du Bus à Haut Niveau de Service à Lardenne. « Quand on assume ses choix, on ne craint pas l’objection » ont-ils conclu. Mais c’est surtout le discours de Jean-Luc Moudenc qui a déchainé les passions. « Votre PLU, qui fait l’objet d’une contestation sans précédent et menace le maintien de la qualité de vie. Quant au bus BHNS, ce n’est pas aux habitants de Toulouse de payer la facture de projets trop bouleversants. Notre groupe vous suggère d’ouvrir la discussions » a ouvert le député, avant de monter en grade. « Selon nos informations, il est question que le chef de cabinet de Martin Malvy devienne le nouveau directeur de la chaîne TLT. Si vous êtes capable de délivrer un démenti, nous en serions ravi » a-t-il incisé, non sans déclencher de grands chuchotements dans la salle. « François Hollande avait plaidé une pratique du pouvoir impartiale. Une mainmise politique sur un média poserait un gros problème de démocratie à Toulouse ». Une bombe. Pierre Cohen a même du demander le silence face au brouhaha montant, avant de se défendre. « TLT n’a jamais été ma chaîne » a rétorqué l’intéressé. Peu avant lui, Régis  Godec des écologistes s’était empressé de voler à son bon secours. « Vous voulez être à l’avant-garde de l’immobilisme, je crains que vous vous trompiez d’époque. De plus, en ce jour de deuil, je regrette que vous fassiez des polémiques stériles ». Le maire complète. « M.Moudenc, je suis habitué à vos méthodes depuis plusieurs années maintenant. L’outrance n’est jamais bienvenue. Nous savons avec vous ce qui nous attend. Cela n’augure pas la campagne électorale de la meilleure des façons ». En effet. D’un côté comme de l’autre.

 

Christophe Guerra

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour,

    Je tiens à préciser que notre Groupe n’a JAMAIS demandé que la Ville se “serre la ceinture” ou mène un plan d’austérité concernant l’investissement.

    Nous sommes favorables à une politique ambitieuse d’investissement. C’est d’ailleurs pour cela que nous investissions davantage chaque année.

    Ce que nous demandons, c’est que les dépenses du quotidien, que l’on appelle les dépenses de fonctionnement (rémunération des personnels, subventions, etc.) soient mieux maîtrisées pour permettre d’investir fortement sans emprunter.

    La Municipalité, laissant filer ces dépenses du quotidien, n’a plus d’autre choix que d’emprunter pour maintenir le niveau d’investissement.

    Il me semblait utile d’apporter cette précision pour pallier toute confusion qui pourrait naître à la lecture de cet article.

    JL MOUDENC
    Député de la Haute-Garonne
    Maire de Toulouse de 2004 à 2008

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