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Affaire Bouteldja : l’AGRIF fait appel et compte « sortir l’artillerie lourde »

Houria Bouteldja et l'AGRIF se retrouveront au tribunal pour le procès en appel.

Houria Bouteldja est relaxée dans l’affaire des « sou(s-)chiens ». L’AGRIF exprime son désaccord et annonce faire appel.


Bernard Antony, président de l’AGRIF, explique que « le procureur a reconnu que le terme avait été employé pour blesser et outrager une certaine catégorie de français mais il a cependant conclu qu’une conviction n’est pas une preuve ». Aussi juge-t-il le verdict et ses motifs « hallucinants ». « On reconnait notre légitimité et ensuite on prononce la relaxe » s‘indigne-t-il. Il estime également que les attendus du jugement sont « incompréhensibles, extrêmement mal rédigés, la pensée est incertaine ».

Le président de l’AGRIF pense également que les manifestations des membres du Bloc Identitaire ont joué en sa défaveur auprès du tribunal. « Nous avions pourtant appelé à ce qu’il n’y ait aucune manifestation. Qui plus est, une certaine presse a établi un amalgame malhonnête entre l’AGRIF et le Bloc Identitaire, les trublions agitateurs d’une organisation qui n’était concernée en rien par ce procès ». Il insiste par ailleurs sur le fait que l’expression exacte de la controverse était « rééduquer les sou(s-) chiens » et que de ce fait « le mépris injurieux et raciste est incontestable ».

 

Le président de l’AGRIF déclare également que l’idéologie d’Houria Bouteldja est une « escroquerie » et il estime qu‘« elle crée une dialectique du racisme », qu’elle prône « la haine de la France » et qu‘« il n’y a pas pire pour créer des tensions civiles ». « Son idéologue, Saïd Bouamama, a publié un ouvrage intitulé ‘Nique la France’ » poursuit-il. « On peut réfléchir à ce qui se serait produit si quelqu’un avait écrit un livre titré ‘Nique l’Algérie’. Et s’il vivait en Algérie, il se retrouverait en prison jusqu’à la fin de ses jours ».

Enfin, concernant la suite de l’affaire, Bernard Antony confirme sa décision de faire appel et dit compter « argumenter plus fort ». « Je vais sortir l’artillerie lourde » annonce-t-il.

 

Ne pas confondre « racisme individuel et le racisme structurel »

Du côté d’Houria Bouteldja, plusieurs organisations se sont réunies en comité de soutien à Toulouse, dont le Nouveau Parti Anticapitaliste, Générations Spontanées contre le Racisme et l’Islamophobie, Euro Palestine Toulouse ou encore le Conseil Représentatif des Associations Noires de Midi-Pyrénées.  La représentante de ce comité, Malika Salaün, estime qu’il s’agit d’un « coup médiatique » de l’AGRIF qui « a l’habitude d’instrumentaliser les faits divers et de multiplier les procès ». Ce serait avant tout « un moyen de faire reconnaître le concept de racisme anti-blanc » par les organisations d‘extrême droite, concept réfuté par Houria Bouteldja.

A ce propos, Malika Salaün distingue « le racisme individuel et le racisme structurel, systémique », ce dernier « ne concernant pas les Blancs ». Elle pense qu’Houria Bouteldja, porte-parole du Parti des Indigènes de la République, mène une « lutte qui dérange » et que l’AGRIF a procédé à une « tentative de dé-légitimation ». Le comité déclare ne pas être inquiet par la suite de l‘affaire.

 

Laetitia Vieillescazes

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