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Salon de l’artisanat: Léocadie Lehagre, le verre comme éventail de lumières

Léocadie Lehagre, le verre comme éventail de lumières

Jusqu’à dimanche, le célèbre Salon des Artisans d’Art de Toulouse investit comme chaque année les halls du Parc des Expositions. Plus de 180 artistes peintes, sculpteurs ou encore plasticiens y présentent leurs oeuvres. Au détour d’une allée, le stand de Léocadie Lehagre capte les regards. A 32 ans, cette créatrice de vitraux et d’objets de verre exerce sa passion depuis maintenant plus d’une décennie. Après avoir décroché une licence d’arts plastiques à la faculté du Mirail ainsi qu’un CAP dans la région du Cantal, la jeune femme a écumé les ateliers de la Ville rose. Elle confectionne et expose aujourd’hui ses propres oeuvres avec une passion intacte. Découvreuse de faisceaux, véritable découpeuse de prismes, l’artiste a fait de la lumière le fil conducteur de ses envies créatives.

 

« Avant le baccalauréat, je me voyais travailler en haut d’un échafaudage dans la rénovation de patrimoine. C’est peut-être un peu bizarre mais c’est véridique! » confie-t-elle dans un sourire enchanté. Si s’orienter vers une activité artistique est une idée de longue date, le goût pour le matériau verre s’est prononcé au fil du temps et des expériences. Léocadie a longtemps redonné vie aux vitraux de particuliers, dans des châteaux ou des bâtisses religieuses. Au fil des ans, l’envie d’autonomie s’est faite pressante. Forte de ses acquis, l’artiste a fait le grand pas. « Au bout de dix ans, j’ai eu envie de voler de mes propres ailes. Je me suis dit qu’il fallait tenter. Aujourd’hui, je jongle entre la restauration et la création » explique-t-elle. Faire du verre un outil de création n’est pas forcément un choix évident ou même répandu dans le monde artistique. L’oeil torve, Léocadie Lehagre éclaire son labeur. « Je travaille le vitrail comme un filtre de lumière, afin de la faire ressurgir, de la matérialiser. J’aime mettre en relief certaines nuances, filtrer certains endroits par un jeu de peinture et de gravure ». Cet attrait pour cette interpénétration des teintes explique celui pour le matériau verre. « C’est une matière qui permet de faire ressurgir la lumière. C’est quelque chose de très frappant lorsque l’on rentre dans une église où elle se plaque sur le sol. Je trouve cette projection fabuleuse. Son caractère unique et éphémère a aussi quelque chose de magique ».

 

« De très bons retours »

Au Salon des Artisans d’Art, près d’une centaine de pièces créées par Léocadie Lehagre sont disposées à l’attention du public. Devant le stand E1, qu’elle partage avec le désigner toulousain Pierre Cabrera récemment primé à Milan, les pupilles se pressent. « Il y a un petit engouement pour notre présentoir installation » s’enthousiasme l’artiste. « Nous avons de très bons retours. Le fait d’exposer avec Pierre Cabrera donne aussi une certaine dimension à l’exposition. Nos créations se mélangent plutôt bien, c’était une bonne idée. Nous sommes assez satisfaits du résultat ». Parmi les œuvres disposées ici et là, l’une d’elle, intitulée « La Nébuleuse » aimante les attentions. « Il s’agit d’un vitrail de forme panoramique, ce qui n’est pas un format classique » détaille Léocadie. « Les colorations sont gravées à l’acide. J’ai voulu ici travailler sur une opacité des tons gris, en enlevant certaines couches pour les éclaircir et les rendre plus légères que d’autres ». Passionnés ou simples curieux peuvent rencontrer l’artiste toulousaine et pourquoi pas craquer pour l’une de ses pièces jusqu’à dimanche prochain. L’artiste sera également présente ce week-end au marché des créations des Carmes. Que lumière soit.

Christophe Guerra

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