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Projet de l’institut d’études politiques au quai Saint Pierre, une belle idée qui n’a pas fait long feu…

Batiment IEP SAINT PIERRE
Le projet Science Po quai Saint-Pierre qui a été abandonné. Photo / CTDR

L’IEP (Institut d’Études politiques) de Toulouse n’aura pas la vue sur la Garonne. Jean-Luc Moudenc (maire de Toulouse), Bruno Sire (président de l’UT1-Capitole), Pascal Mailhos (préfet de Midi-Pyrénées) et Hélène Bernard (rectrice de l’Académie de Toulouse) ont enterré début juillet le projet du quai Saint Pierre. Sur la forme, on regrettera que cette réunion cruciale des différents acteurs se soit faite en l’absence du premier intéressé, le directeur de l’IEP, Philippe Raimbault. Il est vrai que c’est l’UT1-Capitole, logeant l’IEP à titre gratuit, qui est chargée de son relogement, mais la bienséance la plus élémentaire aurait commandé son invitation.

 

Un projet esthétiquement contestable

Sur le fond, il s’agissait d’un bâtiment très contesté sur lequel je ne reviendrai pas. La nouvelle municipalité, comme de nombreux riverains, l’a jugé disgracieux et on peut les comprendre. Les esprits imaginatifs pouvaient voir dans ce nouvel immeuble un vieux radiateur électrique dés années 60 ou une prison nouvelle génération. Nul ne peut nier que ce projet malgré ses qualités pratiques ne rayonnait pas par sa beauté.

Peut-on vraiment reprocher au nouveau maire de Toulouse d’avoir suivi l’avis des riverains et de vouloir préserver le patrimoine architectural ? Assurément non. Cela fait 6 ans que dans la plupart des projets municipaux l’avis des habitants était laissé sous le boisseau, le changement de couleur du Capitole a permis de redonner la parole aux Toulousains, c’est bien la moindre des choses ! Jean-Luc Moudenc qui avait seulement voté, en 2011, le principe du financement, s’était opposé dès 2013 à l’architecture du projet. La nouvelle majorité, voulue par les Toulousains, a changé la donne, c’est le jeu de la démocratie. Pour autant, on peut regretter que de l’argent public soit parti en fumée, l’Université ayant dépensé un million d’euros pour les études.

 

Comment reloger l’IEP ?

Avant de trouver un nouveau bâtiment prestigieux à l’IEP (peut-être l’actuelle école de commerce), il faudra trimbaler les pauvres étudiants à la Manufacture des Tabacs (septembre 2017) et ensuite les installer éventuellement dans le futur bâtiment qui sera construit sur le parking de la cité administrative. Ce sont donc de nombreux changements en perspective, mais cela permettra de trouver une solution prestigieuse et surtout définitive. La patience engendre souvent de beaux fruits.

 

Quelle est la place de l’enseignement supérieur en centre-ville ?

Plus généralement se pose la question sous-jacente de la présence des établissements d’enseignement supérieur dans les centres-villes. Jean-Luc Moudenc avait, dans les années 1990, soutenu la reconversion de la Manufacture afin que l’Université Toulouse 1 s’y installe. Ce qui en fait en 2014 le premier propriétaire foncier du centre-ville. Ce choix effectué à Toulouse doit perdurer et j’espère que le nouvel édile poursuivra cet effort indispensable. La présence nombreuse des étudiants en cœur de ville est une richesse pour notre cité.

Le contre-exemple de Bordeaux est significatif puisqu’il restait, jusque récemment au centre-ville, seulement le petit campus Victoire. Ce choix de repousser les universités à la périphérie ne semblait pas judicieux et une évolution s’opère, notamment avec l’inauguration en 2007 du pôle universitaire des sciences de gestion de Bordeaux, dans le quartier de La Bastide, situé sur la rive droite de la Garonne. Les étudiants étant mobiles et se déplaçant, malgré tout, pour festoyer en fin de semaine, il est parfaitement souhaitable de rapprocher leurs lieux de vie, de travail et de sortie. C’est cette combinaison réussie qui rend Toulouse si vivante et dynamique à la tombée de la nuit et si attirante pour la population estudiantine.

Ainsi, Toulouse reste la première ville étudiante de province, et incarne toujours avec panache le proverbe du XVIe siècle : « Paris pour voir, Lyon pour avoir, Bordeaux pour dispendre, et Toulouse pour apprendre ! »

 

Guillaume Brouquieres

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