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Les Khmers Verts, les vrais dirigeants d’EELV

Les Khmers Verts, les vrais dirigeants d'EELVLe fonctionnement d’EELV n’est pas démocratique. Cela est vrai aux différents niveaux (national, régional, local). Cela peut sembler paradoxal au vue de l’éternelle rengaine libertaire des Verts. Mais il ne s’agit là que d’un discours convenu sensé tromper les militants et les électeurs.

 

La principale raison de ce fonctionnement non démocratique est l’existence d’un double système de responsabilité. Il y a d’un coté les instances officielles, élues par les militants et régies par les statuts. Et de l’autre il y a les groupes d’élus soutenus en interne par des collaborateurs qui ont la double casquette collaborateur-militant. Ces groupes d’élus sont extrêmement puissants, pour plusieurs raisons1 :

– Leur implication forte au milieu de militants peu intéressés par la « cuisine interne ».

– Leur carrière longue dans le parti, alors que le militant lambda ne « dure » souvent que moins de 3 ans. Cela leur permet de connaître les fonctionnements cachés du parti.

– Leur esprit de corps pour préserver leurs avantages et leurs positions.

– Leurs indemnités qui leur permettent de ne faire que de la politique toute l’année et d’être disponibles la journée, au contraire des militants qui prennent sur leur temps libre.

– Leurs formations d’élus, payées avec de l’argent public, et qui leur permettent de se retrouver entre eux, logés et nourris. Alors que les militants ne reçoivent aucune ou très peu de formation à cause du manque de moyens.

– Leur statut qui leur donne un ascendant et une légitimité aux yeux des militants novices.

Tout cela leur permet d’avoir la mainmise sur les différents niveaux du parti. L’usage est d’ailleurs que les postes importants en interne soient occupés par des élus ou des collaborateurs d’élus dans les principales villes. Toulouse était une exception jusqu’à ma démission.

 

L’échec cuisant de Godec

En juin 2011 a été élu un nouveau bureau du groupe vert toulousain, avec moi à sa tête. À cause de l’ouverture des Européennes de 2009, ce bureau était majoritairement indépendants des jeux de pouvoir des élus. Cela représentait donc une menace pour les élus locaux, et leur objectif constant a été de garder le pouvoir de décision entre leurs mains en créant une confrontation constante. Le pire moment de cet affrontement insensé a eu lieu il y a un an, lors de la réunion mensuelle de juin 2012. Le protagoniste principal de cette réunion a été Régis Godec, le président du groupe des élus municipaux verts. Celui-ci manigançait depuis des mois pour être candidat aux législatives afin de préparer le fait d’être tête de liste aux Municipales. Il a été désigné candidat après avoir fait appeler chez eux les militants et être arrivé le jour du vote les bras chargés de procurations. Lors de sa campagne électorale, il a volontairement fait cavalier seul et zappé le groupe toulousain sauf pour en accaparer les moyens. Il a fait une campagne improductive et dogmatique, totalement déconnectée des réalités. Le résultat a été sans appel. Alors qu’il fanfaronnait qu’il serait au 2ème tour, moins de 8% des électeurs ont voté pour lui (contre plus de 17% en mars 2011 sur le même territoire, pour des candidats EELV inconnus).

Une personne responsable aurait à travers un bilan objectif reconnu ses torts, dans une campagne ainsi gérée en totale liberté. Mais pas Régis Godec. En cette funeste soirée de juin 2012, il a accusé successivement de toutes les tares, quasiment tous les membres bénévoles du bureau du groupe toulousain (lui le rentier de la politique qui encaisse près de 3000€ d’indemnité municipales tous les mois, dans le cas présent pour faire une campagne électorale).

L’échec cuisant de Godec était donc selon lui dû à l’incompétence des militants bénévoles. Gageons que l’éco-quartier indigne dont il a la responsabilité, obsolète avant même d’être commencé, est aussi la faute de quelqu’un d’autre. Sûr que le départ d’un quart des élus du groupe dont il est président n’est pas de sa responsabilité. Et cela est sans doute une coïncidence que ce soit dans le secteur 6 dont il est maire délégué que les habitants se mobilisent en masse contre la mairie. Je ne sais pas à qui sera dû le probable échec de la liste verte aux Municipales, mais je suis prêt à parier que ce ne sera pas de la faute de Godec, fût-il tête de liste.

La principale conséquence de cette soirée honteuse de juin 2012, a été la démission massive dans les mois suivants de la majorité des membres du bureau du groupe toulousain. Pour moi ce n’est pas faire de la politique autrement que de voir un professionnel de la politique à la compétence douteuse et sans vergogne, rejeter ses propres responsabilités en public, sur des militants bénévoles.

Mais reconnaître la responsabilité des vrais dirigeants de l’ombre consisterait à admettre l’existence d’un système anti-démocratique court-circuitant les instances officielles. Bienvenue chez les Khmers Verts, les fossoyeurs de l’écologie française.

 

Chronique signée par Julien Faessel, ancien secrétaire d’Europe Ecologie les Verts à Toulouse que vous retrouverez un jeudi sur deux sur Toulouse Infos ou sur son blog http://julienfaessel.wordpress.com/.

 

[1] Le poids des élus et collaborateurs d’élus au sein des Verts est expliqué plus en détail par le sociologue E Lecoeur dans son livre Des écologistes en politique, notamment dans la 2ème partie III 1

La rédactionhttps://www.toulouseinfos.fr
Pierre-Jean Gonzalez, rédacteur en chef de toulouseinfos.fr a collaboré avec de nombreux médias avant de prendre la direction du site toulousain, qui existe depuis 10 ans.

3 Commentaires

  1. Tiens, sur le plan du vélo, puisque les verts ont un élu à ce poste à la mairie, une vrai catastrophe : les ateliers vélo expulsés et la vélorution menacée d’expulsion, aucun partage des récupérations de vélos en déchetteries et à la police municipale, pas de concertation sur les aménagements cyclables, des menaces et les flics pour chasser les vélorutionnaires des débats publics… Drôle de démocratie chez les verts et dans ce qu’ils font avec les associations locales.

  2. militant vert jusqu’à 55 ans je venais de m’apercevoir que pour faire de la politique les convictions n’étaient d’aucune utilité, qu’un plan de carrière et un positionnement au plus prés du dieu toulousain en l’occurrence Onesta suffisaient. Ma naïveté me surprend encore aujourd’hui et me fait beaucoup sourire( sourire parfois crispé) Au regard des résultats des dernières législatives sur le Comminges, ou le travail de terrain a totalement été anéanti par les Khmers verts toulousains, il semble pourtant qu’un militant a encore plus de poids qu’un carriériste. Pour exister la seule chose que ces”durs” sont capables de faire c’est de se vendre au PS l’engagement militant n’est que poésie pour vert de terrain.

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