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Toulouse : Sans abris depuis un an, les SDF de Purpan risquent « la mort »

Depuis le 18 février 2011, cinq personnes vivent à la rue, à Purpan, sur un terrain de la mairie. A l’origine, 9 sans abris ont été transportés par la municipalité depuis le Pont des Catalans. En un an, seuls quatre d’entre eux ont été relogés. Les autres survivent à la vague de froid dans des conditions catastrophiques.


Les sans abris de Purpan vivent dans des tentes sur un terrain de la mairie depuis un an. Sans proposer de solution, Claude Touchefeu, adjointe au maire en charge de la politique sociale, les a reçu en début de mois. « Elle n’a aucune envie de les reloger. C’est hallucinant, la mairie n’offre rien ! » témoigne Isa, membre des enfants de Don Quichotte.

Mais la situation ne peut plus rester telle quelle, pour l’association. Elle a rencontré Catherine Lemorton, députée de Haute-Garonne. « Elle a envoyé un courrier à Stéphane Carassou pour alerter sur le sort de ces personnes. Aujourd’hui, nous attendons une réponse » espère Isa.

Sur place, à Purpan, le seul robinet d’eau a gelé. Les sans abris doivent se réapprovisionner à l’hôpital. Un couple a déménagé dans un squat car il ne supporte plus de vivre là-bas. Aujourd’hui, il reste Pat et Cindy, dont l’état de santé est inquiétant. « Nous avons peur qu’ils meurent. Aucune équipe médicale ne prend soin d’eux, aucun suivi n’est mis en place » regrette Isa.

 

Le Conseil d’État redonne de l’espoir

Le couple de sans abris de Purpan va être reçu par Claude Touchefeu le 20 février. Les autres, le 21. L’adjointe au maire n’a pas eu le temps, hier, de répondre aux questions. Les associations espèrent une sortie de crise. « La mairie possède des bâtiments vides. Nous demandons des relogements précaires, d’urgence » insiste Isa.

En janvier, une des sans abris, Petite Jo, a été logée par le collectif Urgence un toit dans les appartements réquisitionnés au Grand Rond. Elle se porte mieux et suit un programme de réinsertion. Aujourd’hui, elle passe devant le tribunal administratif. Elle reproche au préfet de ne pas l’avoir hébergée malgré son droit à l’hébergement opposable (Daho).

Mais l’espoir vient réellement de la décision du Conseil d’État qui rappelle dans un arrêt du 10 février que l’État a obligation de loger  « toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique et sociale ». Cet arrêt donne de nouvelles dispositions légales aux sans abris. Isa explique que « tous ceux qui appellent le 115 et ne sont pas pris en compte peuvent saisir le tribunal administratif en référé et obtenir une injonction ! Ça peut tout changer. »

 

Pauline Amiel

 

* Vidéo tournée le 8 février 2011.

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