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Témoignage d’une escort girl toulousaine : « je ne déteste pas mes clients »

femmeSasha, escort girl à Toulouse, raconte sa vie d’escort et les raisons qui l’ont poussé vers ce « métier loin d’être anodin ». Entretien.

 

Toulouse Infos : Comment vous êtes-vous tourné vers l’escorting ?

Sasha : Je suis mère célibataire, étudiante, et j’avais des dettes. Après une rupture avec mon compagnon qui assurait une grosse partie des charges, j’ai fait ce choix. Alors je sais, tout le monde a le choix, mais j’ai décidé de prendre celui-ci car il offrait un grand rapport « temps argent » qui me permet de pouvoir m’occuper de mon enfant et de mes études. Après, je ne dis pas que j’ai fait ça sur un coup de tête, c’est issu d’un cheminement long. Ce n’est pas un choix facile à prendre et c’est lourd de conséquences. Pour me lancer, j’ai contacté les escorts qui passaient des annonces en me faisant passer pour une journaliste, mais j’ai très vite déchanté, ce n’était pas ce que je m’imaginais, les filles parlaient à peine français et étaient concentrée sur le sexe.

T.I : Et ça ne vous a pas arrêté ?

Sasha : En continuant mes recherches, j’ai avancé et j’ai trouvé ce que je cherchais. Surtout sur les forums d’hommes qui cherchaient des clients. Je voyais l’escorting comme des services d’une femme qui vend de son temps, de sa présence et de son écoute en plus du sexe, et j’ai trouvé une clientèle qui cherche ça.

T.I : Quelle est votre clientèle type ?

Sasha : Il n’y en a pas vraiment, ça va du jeune de 18 ans qui veut perdre sa virginité à la personne de 70 ans qui veut de l’affection et un massage. Il y a des hommes amoureux de leur femme, mais qui ont besoin d’aller voir ailleurs et des hommes d’affaires de passage en ville. Le plus étrange est que je ne déteste pas mes clients, de toute façon je ne pourrais pas travailler et être intime avec une personne que je déteste. En fin de compte, on crée un lien avec ces personnes.

T.I : Les filles qui travaillent dans la rue vivent dans l’insécurité, avez-vous ce genre de soucis ?

Sasha : Non, après je me protège énormément. Les filles qui travaillent dans la rue ont à peine trois secondes pour évaluer la situation. Personnellement, je peux échanger plusieurs mails et communiquer avec la personne avant de la rencontrer. Et la plupart de mes clients sont des personnes qui ont surtout un grand manque affectif.

T.I : Comment se passe une séance type ?

Sasha : La plupart du temps, je me rends chez la personne, nous discutons et au fur à mesure je lui propose un massage avant de finir dans un rapport intime. Je ne peux pas arriver et écarter les jambes, j’ai besoin d’une certaine intimité, et eux aussi. Ce n’est pas forcement facile pour eux de sauter sur une inconnue, et comme je vous ai dit, souvent, c’est aussi de l’affection qu’ils recherchent en plus du rapport intime.

T.I : Et moralement c’est dur ?

Sasha : Ce n’est pas un métier anodin, et je fais régulièrement des pauses pour ne pas me laisser envahir. Précisons au départ que l’argent que je gagne dans ce métier sert à payer mes dettes. Et je fais aussi des « breaks » pour ça, pour ne pas m’habituer à ce revenu, pour ne pas tomber dedans. L’autre raison de mes arrêts périodiques vient aussi du fait que c’est un métier que je fais seule, personne ne le sais, et on doit assumer ça. Car malgré tout, après une séance, on ne se sent pas forcément bien. Le pire je pense est ma vision des autres, à présent, je regarde les couples de mes amis et je me demande : « dans combien de temps il va la tromper et aller voir une fille comme moi ? ». Je perds en fait toute foi en l’humanité dans un sens. Et m’arrêter pour souffler, me couper de tout, ça me permet de laisser tout ça du côté escort pour que ça n’envahisse pas trop ma vie privée.

T.I : Et reprendre une vie « normale », un travail qui paye le SMIC, c’est possible ?

Sasha : C’est l’un de mes objectifs, et j’espère ne pas être escort toute ma vie. Déjà, car mon corps ne me le permettra pas, et ensuite, car je ne pourrais pas moralement le faire. Après certaines filles le font et je comprends, mais j’ai commencé pour régler mes dettes. Après je travaille déjà à mi-temps, et c’est vrai que je me fais parfois en une soirée l’équivalent de mon mi-temps, c’est fou. Mais j’ai du mal à dépenser l’argent de mon travail d’escort dans des vacances ou autres, et j’espère bien avec le temps avoir un travail « normal ».

 

Propos recueillis par François Nys

La rédactionhttps://www.toulouseinfos.fr
Pierre-Jean Gonzalez, rédacteur en chef de toulouseinfos.fr a collaboré avec de nombreux médias avant de prendre la direction du site toulousain, qui existe depuis 10 ans.

10 Commentaires

  1. Il ne faut surtout pas croire que Sasha soit représentative des escortes sur le net. L’internet n’a pas échappé aux criminels, les réseaux mafieux se sont mis eux aussi à l’Escorting.
    Les prostituées maquées comme les indépendantes annoncent sur le net, et se diront toutes sans macs, MENSONGES bien sûr. Elles diront le faire pour le plaisir alors que ce n’est que la conséquence des évaluations sur le net.

    Pour 1 indépendante, on oublie que plus de 90% sont contraintes à la prostitution par des réseaux mafieux (OCRTEH, 2011), réseaux qui violent, tuent, menacent leur famille au pays… Taux de mortalité des escortes 40 fois supérieur à la moyenne (Baldwin, 1992). Selon l’ONU, 80% de toute la traite des êtres humains est à des fins de prostitution.
    Contrairement à Sasha, la majorité ne gagne rien, tout l’argent est récupéré par les proxénètes. Mais terrorisée, aucune ne dénoncera le proxénète

  2. Christian Kalck chef brigade de répression du proxénétisme : « on a tendance a nous faire croire que les escortes girls … ont choisi ce mode de vie. () derrière nous avons des réseaux de proxénétismes qui vont exploiter la misère de ces jeunes femmes »

    Témoignage de l’escorte Ingrid (10′) : « il a commencé à me frapper, partout où j’allais il m’accompagnait toujours, tout l’argent je lui reversais. j’ai rien perçu. J’aurai voulu refuser un acte sexuel, mais je n’ai jamais refusé, car je savais qu’après la violence aurait été faite par Stef. Je ne savais pas quoi faire, j’avais peur des représailles, jusqu’au moment où me sentant tellement sale, j’ai fait une tentative de suicide, et je me suis confié à des psychiatres. J’ai été prostituée 4 à 5 mois, ça fait 5 ans il y a encore des choses qui me traumatisent encore () j’espère plus grand chose de la vie, je veux juste dénoncé ce fléaux ». (Escort Girls- La Prostitution Cachée)

  3. Il ne faut pas tout peindre en noir non plus. Le drame de la prostitution c’est quand elle est subie. Il y a effectivement beaucoup d’escortes et prostituées forcées, des réseaux sales et malsains. Mais il existe aussi des filles et des femmes qui choisissent cette activités. Qui en tirent une satisfaction de différentes sortes et qui ne trouve pas que faire l’amour avec une personne contre de l’argent soit dégradant. Je sais qu’elles ne sont pas la majorité mais elles sont plus nombreuses qu’on ne le dit. Elles sont justes discrètes. La prostitution ce n’est pas que les mac et la violence. Le témoignage de sasha montre une autre réalité. Moins noire qu’il n’y parait. Et elle n’est pas la seule concernée. Je pense que oui, il faut se battre contre les réseaux et le proxénétisme. Mais pas contre la prostitution qui, si elle est exercées librement, peut être une activité acceptable voir agréable pour celles et ceux qui la pratiquent

  4. j’ai aussi fais la prostitution mais personne ne m’a obligée j’étais au chômage et n’arrivais pas à trouver un emploi et c’étais le seul moyen de m’en sortir s’il vous plait monsieur DIDIER BOIS suivant la lois qu’on a voter pour les clients je voulais savoir comment vous allez gérer les personnes seules qui veulent se faire plaisir. Et quand il violeront des femmes ou des jeunes filles parce qu’il ont peur de se faire prendre avec une prostituée trouverez vous cela injuste ?

  5. @ Angèle La criminologie nous enseigne qu’il n’y a AUCUNE relation entre nombre de personnes prostituées et viols. Ce sera même plutôt l’inverse que l’on observerait : Plus il y a de prostitution et plus il y a de viols. Ainsi au Nevada, seul état US à autoriser la prostitution, le taux de viols est deux fois plus élevé que dans l’État de New York et quatre fois plus que dans l’ensemble des États-Unis. Loin d’être un rempart contre le viol, l’exemple du Nevada montre que la prostitution légale produit l’effet inverse en faisant la promotion de l’exploitation sexuelle des femmes.” (prostitutionetsocieté, 2008/07)

    « Or bien loin de les éviter, la prostitution fait le lit de l’inceste, de la pédophilie et du viol, en impliquant de façon inconsciente l’autorisation de la transgression de cet interdit, pour de l’argent. Si le corps des femmes est une marchandise, il n’y a plus de frein à cette consommation implicitement autorisée. » Dr Judith Trinquart

  6. Et oui !!
    N’en déplaise à nos amies les féministes, la réalité est tellement plus complexe qu’elles veulent bien le prétendre.
    Ayant fréquemment recours aux services de ces jeunes demoiselles de charme, on peut parfois faire de belles rencontres humaines, avec des filles pour lesquelles le job n’est pas un fardeau…

  7. C’est représentatif d’une partie des escort girls indépendantes. Lorsqu’on appelle une fille au téléphone, il faut notamment être attentif à appeler un numéro national et non situé dans les pays de l’Est…

  8. Slt Sasha pourrais tu me donner des,sites ou je peux commencer à me faire une clientèle? Stp …
    dans la situation ou je suis je,ne peux rien faire d’autre… Après une séparation et un crédit immobilier sur le dos. Je suis tombe dans une profonde dépression j’ai laissé mes études et j’ai pris deux emplois… Ce qui ma énormément fatigué mais a rendu les choses pire mon ex ne paye plus rien et voila que les impôts se se sont ajoutés… Ayant plusieurs partenaires parce que je ne suis pas stable pour avoir un copain fixe sans lui faire peur, j’ai fini par me dire qu’il peuvent servir a quelque chose… Et je veux revivre reprendre les études si mon école me donne l’accord a la rentrée.

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