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Sanofi: « C’est une guerre de tranchées, les discussions ne sont pas faciles »

Hier matin, les employés de Sanofi se sont réunis comme chaque semaine devant l'Oncopole route d'Espagne.Les négociations sur le plan de restructuration de Sanofi ont débuté en juillet et doivent se poursuivre à partir de Septembre. La direction semble s’être écartée des propositions faites par le rapport Saintouil, et l’unité syndicale est fracturée. Alors même que Sud Chimie et la CGT se sont réunis ce mardi devant les locaux pour manifester, la CFDT s’est tenue en retrait. Pascal Delmas, délégué de la CFDT, syndicat majoritaire du groupe pharmaceutique à Toulouse, exprime ses attentes sur l’avenir des discussions en cours et explique les raisons d’un tel désaccord.

 

Toulouse Infos : Ce mardi, certains syndicats, comme Sud Chimie ou la CGT se sont mobilisés devant les locaux de Sanofi pour manifester leur mécontentement. La CFDT n’a pas souhaité participer. Pour quelle(s) raison(s) ?

Pascal Delmas : En effet, on n’a pas appelé à la mobilisation parce qu’aujourd’hui on est dans un rapport de force différent. L’an dernier, il y a eu les jeudis de la colère. Les salariés ont beaucoup souffert, ça a été difficile, les gens sont épuisés. Aujourd’hui, avec la nouvelle loi cadre, il y a un espace de négociation qui s’est ouvert. Si on doit faire appel aux employés ce sera pour se mobiliser sur un point précis où il y a un blocage. Manifester pour refuser le projet de réorganisation n’a pas de sens. On ne peut pas empêcher une entreprise privée de se restructurer, mais on peut atténuer les effets de ce projet et faire des propositions différentes. A la fin, si on trouve un accord, on reviendra vers les salariés et on leur demandera leur avis.

TI : Est ce qu’on peut parler d’une rupture de l’unité syndicale dans le combat que vous menez actuellement ?

PD : La lutte pour la lutte ne signifie pas grand chose. On ne comprend pas trop le sens de leur combat (cf Sud Chimie et CGT). On leur reproche de porter le même message que la direction, de dire ‘C’est foutu, y’ a plus rien à négocier’. Nous on veut proposer de nouvelles solutions sur la base du rapport Saintouil qui a fait émerger des propositions et on veut qu’elles soient étudiées. Notre démarche est de changer les choses par la négociation, l’argumentaire, en utilisant cet espace de discussion et le soutien des salariés. Ce qui nous oppose c’est notre optimisme. D’autres projets peuvent être portés à Toulouse. On espère que les gens vont évoluer et qu’on arrivera à batailler ensemble. On échange beaucoup entre nous. Si on a des revendications communes on se rassemblera. Mais aujourd’hui on accepte aussi d’avoir des revendications que l’on défend seul. Chacun peut affirmer ses requêtes, et on le respecte.

TI : Les premières négociations avec la direction ont débuté ce mois-ci et se poursuivront en septembre. Quelles sont les premières avancées, la situation a t-elle évoluée ?

PD : Actuellement je ne peux pas réellement m’avancer. Le but est de remettre le site de Toulouse dans la stratégie de Sanofi. Ils ont déjà accepté que Toulouse reste dans le Hub de Sanofi. On n’a pas encore obtenu ce que l’on souhaite, mais il nous reste du temps.

Pour le moment on avance doucement, il n’y a pas eu d’avancées significatives, mais on fait de petits pas à chaque fois. A la première réunion la direction était très fermée. C’est une guerre de tranchées, les discussions ne sont pas faciles, et on est un peu isolé dans cette démarche. On aurait aimé une unité syndicale. L’objectif de ces concertations c’est d’accepter de changer, mais la direction doit aussi intégrer les propositions qu’on fera. C’est un véritable rapport de force, mais on a espoir.

TI : Quelles sont vos attentes à l’avenir pour la bannière Sanofi à Toulouse ?

PD : Sanofi est une entreprise qui se porte bien, ce que l’on souhaite, c’est que cette réorganisation permette d’aller vers la mise en place de structures qui soient un succès. On veut des engagements sur les budgets, l’accompagnement et le remaniement des équipes. On ne veut aucun licenciement et la garantie du maintien du site sur 5 ans. On espère porter les projets des salariés et voir comment Sanofi peut s’inscrire dans une démarche de recherche à Toulouse. Le rapport Saintouil a démontré que si l’on maintient plus de postes sur la ville, la région, les universités et les différents investissements amèneront à la création de partenariats et permettraient de maintenir un centre d’open-innovation à Toulouse.

 

Propos recueillis par Marine Astor

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