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Buralistes : « On a qu’à prendre l’argent à Tapie, Cahuzac et tous ces tricheurs »

Les buralistes du Grand sud se sont rassemblés ce jeudi place de l'Europe à Toulouse pour manifester contre l'augmentation le prix du tabac et du taux de TVA.Les buralistes du Grand sud se sont rassemblés ce jeudi place de l’Europe à Toulouse pour manifester contre l’augmentation le prix du tabac et du taux de TVA. Inquiets face à la monté en puissance du marché « parallèle » de la cigarette, ils réclament un moratoire sur les prix et une réglementation harmonisée à l’échelle européenne.

 

Une augmentation du prix en juillet, une hausse de la TVA en janvier 2014. La colère des buralistes se fait grande. De 50 000 bureaux de tabacs il y a 40 ans, aujourd’hui ils ne sont plus que 27 000 sur le territoire français. « On est 6 000 à avoir fermé depuis 2003 » s’indigne Gérard Vidal, Président de la Chambre syndicale des buralistes de Midi Pyrénées. Un commerce de proximité qui « représente 15 milliards d’euros pour les caisses de l’Etat », et « déjà taxé à plus de 80% » sur le tabac. « On a qu’à prendre l’argent à Tapie, Cahuzac et tous ces tricheurs » scande Georges, venu du Gers.

Quand on lui parle de santé publique, Gerard Vidal sourit. « C’est plutôt une politique de santé spectacle. Chaque fois qu’il y a une augmentation, c’est le marché parallèle qui explose ». Ainsi c’est plus de 20% des paquets de cigarettes qui sont vendus hors réseau officiel, « et on ne sait pas ce qu’il y a dedans » explique t-il, mettant ainsi en avant la contrefaçon des produits vendus illégalement. Selon lui, la politique du gouvernement « ne doit plus passer par une augmentation des prix » mais par une « campagne de prévention chez les jeunes ».

Jusque là métier sans histoire, les buralistes ne se sentent plus en sécurité. « J’ai viré un dealer à 20 m de mon bureau de tabac. Il a sorti un couteau en me disant que la ville ne m’appartenait pas » confie Bernard, qui ne croit plus à l’efficacité des mesures prises pour refréner la contrebande de cigarettes. « Il y a un petit coup médiatique de temps en temps mais en réalité le trafic augmente ».

 

Et l’Europe dans tout ça ?

« A quoi sert l’Europe, si dans les pays frontaliers ils peuvent pratiquer des prix plus bas ? » interroge Patrick, venu manifester malgré la pluie et le froid. En Mars, la Cour européenne de justice, en réponse à une plainte de la commission, a jugé contraire au principe de libre circulation, la législation française limitant les achats de cartouches à l’étranger. Une mesure qui soulève l’incompréhension. « C’est difficile pour nous. On connaît une baisse de la fréquentation. Du coup on vend moins de tabac mais ça influe également sur le reste de notre commerce » analyse Bernard, qui ne compte plus ses heures pour réussir à survivre. Une mesure « contradictoire » pour Gérard Vidal. « On ne peut pas avoir un durcissement de la réglementation en matière de santé publique et demander la suppression d’une législation qui essaye de contrôler l’importation des cigarettes en France » condamne t-il.

Patrice, Président de la chambre syndicale des buralistes du Vaucluse dénonce une Union Européenne « dirigée par les lobbies et non plus par les Etats ». « Une formule qui s’adapte à beaucoup de chose » regrette t-il.

 

Article de Marine Astor

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