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Finances Publiques: « la cocotte-minute va finir par siffler » en Haute-Garonne

Hier après-midi, les agents des Finances Publiques de la Haute-Garonne, ont décidé de boycotter le Comité Technique Local.Hier après-midi, ce sont des employés exaspérés des Finances Publiques de la Haute-Garonne qui ont alerté l’opinion devant la Direction Générale (DGFIP), dans le cadre d’un rassemblement intersyndical. Ils étaient convoqués mardi à la tenue d’un Comité Technique Local, chargé d’identifier vingt-et-un nouveaux postes qui disparaitront en 2013. Mais lassés de payer la facture, les agents ont décidé de boycotter cette réunion. Destruction d’emplois, insuffisance des moyens, une crise enfle au sein d’une l’administration qui se délite.

 

Les agents administratifs des finances publiques concernés par la crise? Il est vrai qu’ils ne sont pas les premiers dont on pourrait penser qu’ils soient durement impactés. Et pourtant. « Nous sommes l’administration la plus touchée par les suppressions de postes en proportion d’effectif. Deux-tiers des départs à la retraite ne sont pas remplacés » souffle Boris Beaudouin, membre de la CGT Finances Publiques 31. La Haute-Garonne n’est d’ailleurs pas épargnée. Dans le département, la catégorie C (agents administratifs, douaniers et autres contrôleurs fiscaux) perdra trente-trois postes dès l’an prochain. En y retranchant la création de neuf autres, ce sont au total vingt-et-un emplois qui sautent. La grève du 27 novembre dernier n’a pas pu faire bouger les lignes. La coupe est pleine. « Nous étions déjà au courant avant cette convocation. Notre avons déjà largement eu l’occasion d’évoquer notre refus et la dégradation de nos conditions de travail. Nous avons d’ailleurs déposé hier un dossier de cinquante pages. Nous n’avons pas été écoutés » expliquent-ils. « Nous voulons un moratoire sur les suppressions de postes ainsi qu’un état des lieux sérieux de la situation. Hélas, la direction locale est piégée par des décisions nationales liées à une forme de solidarité entre ministères. Les emplois créés sont tout simplement piochés ailleurs ».

 

« L’agressivité monte dans les files d’attente »

Qui des agents ou des administrés paie les pots cassés? Au fond, devant ou derrière le guichet, tout le monde semble perdant. C’est le constat établi par les différents syndicats. Un « malaise croissant » qu’ils lient à la dégradation des conditions de travail. « Nous effectuons des tâches de recouvrement et de contrôles, mais nous devons aussi assurer l’accueil des personnes. Avec des effectifs aussi réduits, nous ne pouvons accomplir une mission de qualité » déplore Régis Lagrifoul, du syndicat Solidarité Finances Publiques. « L’accueil est surchargé et les queues énormes. La semaine dernière, à l’Hôtel des Finances Publiques du Mirail, certains ont du attendre plus de cinquante minutes » narre Boris Beaudouin. « Cela pose des problèmes de confort, de compréhension et de sécurité. L’agressivité monte dans les files d’attente, les collègues sont mis en difficulté » s’inquiète Patrick Lumeau du syndicat FO DGFIP31. Les agents ne savent plus sur quel pied danser. « On nous parle des collectivités territoriales qu’il faut contrôler, mais on ne nous donne pas les moyens de le faire » dénoncent-ils. « Notre Ministre Pierre Moscovisci nous dit que nous sommes au cœur du service public et quelques jours après, des postes disparaissent. Il y a un énorme décalage entre le discours du gouvernement et la réalité ». Boris Beaudouin conclut. « On baisse de 15% le budget de fonctionnement des Finances Publiques. On supprime les postes. A force, la cocotte-minute va finir par siffler ».

 

Christophe Guerra

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