Accueil Articles Une Les Toulousains de Fils de plume dépoussièrent le rap, « loin des stéréotypes »

Les Toulousains de Fils de plume dépoussièrent le rap, « loin des stéréotypes »

Le groupe de rap toulousain Fils de PlumeLa nouvelle scène toulousaine réserve bien des surprises. Fils de Plume, jeune groupe de rap issu de la ville rose, exprime sa vision de la société à travers des paroles recherchées, sur fond d’électro et de trombone. Après avoir remporté le tremplin « monte le son », ces jeunes rappeurs ont des projets plein la tête. Rencontre.

 

Toulouse Infos : Quel est l’origine du groupe Fils de Plume ?

Fils de Plume : Au total nous sommes cinq musiciens : deux beatmakers, un tromboniste et deux rappeurs. Nous nous sommes rencontrés à la fin du lycée et, comme tous groupes, nos débuts se sont faits lentement. Concrètement, cela fait deux ans et demi que notre univers musical devient sérieux et plus solide. Le nom de Fils de Plume joue avec les mots, c’est bien évidemment de l’autodérision et de la provocation, comme a pu le faire NTM par exemple.

T.I : Pourquoi du rap ?

F.D.P : Pour nous, le rap, autant l’écriture que la façon de s’exprimer sur scène, c’est ce qui nous correspond le mieux. Il n’y a pas vraiment eu de réflexions sur le style, cela s’est fait naturellement. Un événement affecte un des deux chanteurs, il écrit dessus puis le son est posé. Sans avoir une grande culture rap, nous avons tous grandi avec cette musique dans les oreilles alors inconsciemment, ce style s’est imposé à nous.

T.I : Comment se déroule votre processus de création ?

F.D.P : Nous ne sommes pas des bêtes du stylo, nous fonctionnons par thème, chaque mot est réfléchi. Il nous arrive d’écrire nos textes ensemble, parfois séparément, mais quoi qu’il en soit, le résultat est toujours mis en commun. L’instrumental sur lequel nous écrivons, tout comme l’univers qu’il dégage, nous aide beaucoup à composer et à se projeter dans le son. Pour la chanson « 26 mots » par exemple, des amis nous ont mis au défi d’écrire une chanson dans laquelle il fallait placer 26 mots choisis au préalable. Chaque chanteur a composé un couplet et au final, ils s’agençaient très bien.

T.I : Y a-t-il des revendications particulières dans vos compositions ?

F.D.P : Nous ne sommes pas encartés à un parti politique particulier, mais nous luttons à notre manière. Les mots, c’est une bonne façon d’être engagé, chaque mot à un sens pour nous. Nous critiquons beaucoup la société mais un thème est assez récurrent : la place de l’homme dans celle-ci. A travers des exemples tels que le clown, le rêveur qui ne dort pas, le message passe : tout le monde porte un masque. C’est tout de même un univers assez sombre.

T.I : « Ces dealers de swagg, qui produisent la même sève, pour produire la même soupe dans cette marmite de rap game » fait partie des paroles de « 26 mots ». Que pensez-vous du monde du rap aujourd’hui ?

F.D.P : Loin d’être dans le registre « le rap c’était mieux avant », nous sommes plutôt optimistes puisqu’il y a de très bons rappeurs, qui ne sont pas toujours mis sur le devant de la scène mais qui ont vraiment du talent, du fond, de la forme. Ce qui nous dérange, c’est plutôt l’aspect commercial lorsqu’il prend le dessus sur le talent. La nouvelle ère de rap underground, qui se met en place depuis 6 ans, combat cet aspect commercial, les stéréotypes des grandes chaînes en or, des grosses voitures, de la femme objet ne sont plus à la mode. Ce style musical s’adapte à la société et en dénonce les abus, les temps ont changé, le rap aussi. C’est un constat, un élan de rage auquel nous participons. Avec la puissance et les répercussions que peuvent avoir les médias, il nous semble utile de passer par la langue française pour réunir les gens et montrer que le rap est un milieu à part entière.

T.I : Qu’en est-il de ce mouvement sur Toulouse ?

F.D.P : Dans cette ville, c’est un mouvement assez jeune et ouvert. Il y a de nombreuses rencontres organisées entre rappeurs, alors évidemment, des connexions se font. Cela permet de faire évoluer le style et de se confronter à un univers musical plus grand. De nombreuses associations toulousaines organisent ces jams sessions : la doxa, aparté, dawa deluxe…

 

 

Propos recueillis par Maud Calves

 

L’envie d’écrire

 

La rédactionhttps://www.toulouseinfos.fr
Pierre-Jean Gonzalez, rédacteur en chef de toulouseinfos.fr a collaboré avec de nombreux médias avant de prendre la direction du site toulousain, qui existe depuis 10 ans.

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