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Me Pascal Nakache : « Pôle Emploi est une machine à dissuader »

Agence Pôle emploi de ToulousePendant six mois, Nathalie Lolmede, mère de famille de 45 ans en formation de conseillère en économie sociale et familiale, a bataillé avec Pôle Emploi qui lui refusait ses allocations pour impossibilité de transfert vers un nouvel établissement. Elle a finalement fait appel à un avocat qui a lancé une procédure en référé.

 

« Il aura fallu 6 mois et un procès pour que les droits de Mme Lolmede soient rétablis. Et beaucoup de demandeurs ne vont pas jusque là ». Maître Pascal Nakache, président de la section Toulouse de la Ligue des Droits de l’Homme, l’affirme : « cela illustre bien que Pôle Emploi est une machine à dissuader les demandeurs et à les plonger dans une situation intenable ».

Cette situation intenable, c’est celle que Nathalie Lolmede a vécu pendant six mois. Il y a trois ans, suite à un licenciement économique, cette mère de deux enfants fait une demande de formation auprès de Pôle Emploi. Un diplôme d’état (DE) de conseillère en économie sociale et familiale sur trois ans impliquant une rémunération de Pôle Emploi, mais elle doit assumer les frais de formation. Sa demande acceptée, elle passe deux ans au sein d’un établissement et souhaite en changer en septembre 2012, lorsque se présente la possibilité d’intégrer un établissement mieux coté, plus près de son domicile et moins cher. « Intéressant sur tous les tableaux pour moi, précise Mme Lolmède. Mais Pôle Emploi a refusé, sous prétexte que je ne pouvais pas changer d’établissement ».

Le refus étant injustifié, Nathalie Lolmede effectue un recours. La réponse de l’organisme arrive mi-octobre, négative. « A ce moment là, trois solutions s’offraient à moi : retourner dans l’établissement d’origine, mais les inscriptions étaient déjà bouclées, suivre la formation dans le nouvel établissement mais sans rémunération de Pôle Emploi, ou tout arrêter ». Soutenue tant bien que mal par son conjoint, Nathalie Lolmede décide de poursuivre son DE. Mais entame un combat de longue haleine avec Pôle Emploi pour récupérer ses droits.

Restant sans réponse ni aucune justification de l’organisme, elle fait appel à un avocat, Maître Nakache, qui prévient en décembre Pôle Emploi « que cette suspension est totalement illégale, explique-t-il. Rien ne prévoit cette impossibilité de transfert. Mais ils ont maintenu leur position ».  L’avocat lance alors une procédure en référé. Deux jours avant l’audience, les droits de Nathalie Lolmede sont rétablis.

 

Article de Joséphine Durand

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