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« Se déplacer en train depuis Toulouse, une galère pas possible »

Se déplacer en train depuis Toulouse, une galère pas possible Dans l’optique de faciliter la mobilité des toulousains pour les années à venir, des travaux conséquents s’effectuent en ce moment sur les lignes de trains. Mais ces différents chantiers peuvent s’avérer perturbants et susciter des mécontentements. Une association, celle des Usagers Toulouse-Agen-Bordeaux (AUTAB), relaye cette exaspération vers qui de droit. Elle vient d’envoyer plusieurs courriers aux responsables SNCF locaux. Pour elle, voyager en train depuis la Ville rose est devenu cauchemardesque. Entretien avec Emmanuelle Zaibak, à la fois membre du collectif et usagère en colère.

 

Toulouse Infos: « Le train Toulouse-Agen a été avancé de onze minutes, ce qui fixe son départ depuis la Ville rose à 6h07. Dans le sens inverse, les lignes de 17h et de 20h43 ont été supprimées. Quelles conséquences pour les usagers ?

Emmanuelle Zaibak: L’horaire Toulouse-Agen de 6h18 était historiquement le seul à n’avoir jamais changé. Cette régularité était très appréciée par une cinquantaine d’habitués qui l’empruntaient quotidiennement. La plupart des gens qui montent dans ce train le font pour des raisons professionnelles. Pour ceux qui ont des enfants, il leur faut désormais les déposer à la garderie avant 6 heures du matin. De plus, nous arrivons beaucoup trop tôt au travail, où la prise de poste débute généralement à 8 heures. En ce qui concerne les lignes supprimées, cela signifie encore plus qu’avant que l’on ne peut plus se permettre de rater son train. Sinon, on reste coincé.

 

T.I: Connait-on les raisons de ces chamboulements ?

E.Z: La ligne Toulouse-Agen de 6h18 a été avancée pour pouvoir établir la correspondance avec la ligne Agen-Bordeaux, qui a été modifiée. Quant aux lignes supprimées, nous n’avons aucune justification de la part de la SNCF. Cela a été décidée à Paris sans aucune concertation ni information auprès des utilisateurs. Depuis trois ans, l’offre s’est réduite de moitié. Aujourd’hui, il y a très peu de trains. Nous pouvons en avoir deux en l’espace de cinq minutes mais zéro pendant les deux heures suivantes, c’est assez incroyable. Selon leur type, les lignes sont gérées soit par l’Etat, soit par le Réseau Ferré Français, soit par la SNCF. Toutes ces entités ne se parlent pas, ne se consultent pas. Du coup, il n’y a pas de centralisation de l’information. Nous sommes prévenus quatre jours à l’avance, ce qui ne permet pas de s’organiser en conséquence. Se déplacer en train depuis Toulouse est devenu une galère pas possible.

 

T.I: Décelez-vous une contradiction entre la volonté affichée par la ville de développer les transports en commun et le fait de supprimer dans le même temps des lignes de train ?

E.Z: Oui, totalement. Tous ces problèmes rencontrés avec le train donnent envie de se diriger vers d’autres alternatives. Cela encourage à reprendre la voiture, ce qui irait pourtant à l’encontre de toutes les politiques écologiques du moment. Plusieurs personnes se sont d’ailleurs résolues à réutiliser leur véhicule, quitte à faire jusqu’à trois cent kilomètres par jour. D’autres ont tout simplement cessé de travailler. Nous ne savons jamais avec le train si nous allons être à l’heure au travail ou à l’école. Depuis septembre, entre les grèves, les travaux et les trains qui ne circulent pas à cause des vols de câbles, c’est réellement catastrophique. Nous n’avons plus du tout confiance dans les trains. C’est hyper-décevant de voir que les transports en commun ne marchent pas.

 

T.I: L’établissement de la ligne à grande vitesse Toulouse-Bordeaux, dont la mise en circulation est prévue à l’horizon 2020, est-elle une bonne initiative ?

E.Z: La LGV ne me dérange pas tant que les trains régionaux circulent, que les lignes sont entretenues et sont décentes. Je ne parle ici qu’en mon nom, je sais que certains ont un avis différent au sein de l’association. Quoi qu’il en soit, le déplacement entre Toulouse, Montauban et Agen relève d’une mobilité locale. Emprunter les transports en commun devrait être une évidence. Ce n’est pas le cas.

 

T.I: Vous avez adressé plusieurs courriers aux responsables de la SNCF. Selon leur réponse, quelles seront vos perspectives d’action ?

E.Z: Nous avons eu plusieurs dirigeants au téléphone. Ils nous ont proposé d’organiser une réunion courant janvier, donc nous n’attendons pas de réponse avant cette date. Pour l’instant, nous maintenons la voie du dialogue et privilégions la manière douce. Si cela ne marche pas, nous nous concerterons pour décider des moyens d’action à mettre en place. Il est possible que nous entamions une série de manifestations, comme nous l’avions fait l’an dernier. »

 

Propos recueillis par Christophe Guerra

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