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Toulouse : carton plein pour la manifestation anti-austérité

Entre 2500 et 9000 toulousains ont défilé pour « la défense de l'emploi et de l'industrie »La vague annoncée a tenu ses promesses. Hier après-midi, une gigantesque manifestation a remué les rues du centre-ville. A l’appel de la CGT, un cortège massif s’est déployé de la station Compans-Cafarelli jusqu’à la préfecture. Ces salariés protestataires, venus de tous les départements de la région, ont fait retentir leurs voix. Le baume au cœur, ils ont fustigé sans ménagement la vague d’austérité qui secoue actuellement le monde du travail. Et mis le nouveau gouvernement face à ses responsabilités.

 

2500 manifestants selon la préfecture, 9000 selon les syndicats. Autant dire que la mobilisation a remporté un franc succès pour l’inauguration d’un grand mois social. Pour Gisèle Vidallet, secrétaire départementale de la CGT, le test est réussi. « Pour l’instant, c’est un avertissement que l’on donne. Au fur et à mesure, nous allons multiplier les initiatives. Nous savions que les gens seraient au rendez-vous, car c’était la première manifestation interprofessionnelle depuis les élections ». Airbus, Air France, Freescale, Sanofi, EDF ou encore Les Hôpitaux de Toulouse ont tenu le rang. Certains ont parcouru des kilomètres pour soutenir l’action, comme les très remarqués employés de Pilpa Carcassonne et leurs 124 postes menacés. De nombreux militants politiques ont eux aussi joint le défilé. Indéniablement, drapeaux, pancartes et tambourins ont capté l’attention des toulousains et des nombreux médias plongés dans l’escorte. « Localement, l’impact est là » se félicite Roger Pierre, directeur du comité régional CGT de Midi-Pyrénées. Mais, ne serait-ce qu’à travers l’exemple Sanofi, qui pouvait sérieusement en douter ?

 

Hollande sous pression

Lentement mais surement, la grimace salariale glisse des grands patrons vers le pouvoir politique. La ratification du traité budgétaire européen, défendue par le président, a mis le feu aux poudres. Dans le collimateur, un climat d’austérité de plus en plus menaçant. « Notre message est adressé au grand patronat et au gouvernement. Nous sommes ici pour contrer les plans d’austérité et de rigueur » clame Roger Pierre. « Ce que nous voulons, c’est une véritable politique industrielle et la défense des services publics. Il faut remettre l’humain au coeur de la société et ne plus obéir à une politique de globalisation financière ». Pas simple, dans un contexte de morosité économique extrême, qui stresse les portefeuilles depuis maintenant quatre ans. « Il ne faut pas que la libération de la dette soit l’axe principal des efforts politiques. Les déboires de la Grèce et de l’Espagne nous l’ont assez prouvé. Il faut mettre en balance les efforts de budget et les revendications des salariés. Cet équilibre est possible » assure Thierry Coulon, cadre informaticien chez Assystem. Devant l’audience monstre réunie hier, de prochains larges rassemblements comme celui-ci pourraient bien suivre. Arnaud Montebourg et François Hollande n’ont pas fini de se gratter la tête.

 

Christophe Guerra

 

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