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Toulouse : Le squat du « Slôli » vidé, des familles sont toujours à la rue

Lundi 9 juillet à 6h du matin,  la police est aux portes du garage et l'expulsion commence.Le « Slôli », atelier et foyer d’acceuil du quartier Bonnefoy a vécu ses dernières heures. Volonté de ne pas sauver le lieu de la part des élus ou impossibilité de le faire, des familles sont toujours à la rue.

 

Le squat du « Slôli » c’est bel et bien fini. Lundi 9 juillet à 6h du matin, l’atelier-participatif a fermé ses portes sur décision administrative. Menacés d’expulsion depuis plusieurs jours, les membres du collectif ont rassemblé leurs affaires au petit matin et vidé le lieu. Le lieu, un ancien garage « Speedy » de 365 m2 découvert en mars 2012 et transformé en atelier-vélo, photo ou couture mais surtout en « terre d’asile » pour des familles en très grande précarité sociale.

Le lundi 3 juillet, les membres du « Slôli » s’invitent dans les bureaux de la mairie de Toulouse afin d’obtenir un entretien avec l’adjoint au maire Jean-Michel Fabre. Ils espèrent alors gagner son soutien face à une expulsion certaine en soulignant, entre autre, « la convivialité et l’utilité » du squat, devenu foyer d’urgence recommandé du 115. Mais Jean-Michel Fabre ne les recevra pas.

Jeudi 7 juillet cependant, Joël Carreiras, adjoint au maire et unique interlocuteur du dossier, fait une offre. En nom de la mairie, il propose de mettre à disposition un « local vacant de 40m2 » pour « stocker » le matériel vélo du squat. Lundi 9 juillet et alors que ses occupants, déçus, se préparent à donner une réponse à l’adjoint, la police est aux portes du garage et l’expulsion commence… Bien que prévisibles, les derniers rebondissements de « l’affaire du Slôli » sont toute fois surprenants sur deux principaux points.

 

A l’heure actuelle les familles dormiraient donc  dans…un nouveau squat

Ainsi, alors que leur local a été officiellement racheté par la mairie dans le but d’en faire un « logement d’accueil temporaire pour SDF », Christophe, membre de Slôli dénonce. « Les familles qui dormaient dans l’atelier, dont une femme enceinte, sont toujours à la rue. Le jour de l’expulsion la police a proposé, avec leur accord, de les conduire dans un foyer d’accueil d’urgence. Mais celui-ci était complet à leur arrivée. Depuis, elles n’ont eu aucune autre proposition de la part des pouvoirs publics ». A l’heure actuelle les familles dormiraient donc dans un nouveau squat.

Enfin, le local proposé par Joël Carreiras comme espace de stockage serait « insalubre » et « sans électricité » et donc inapte à toute utilisation.  Pour « Slôli », réussir à transformer un lieu à l’abandon en un espace collectif ouvert à tous et sans limite d’argent gêneraient de l’agacement chez certains élus. « Ils ont compris que des liens entre des personnes peuvent se créer sans eux d’autant qu’il y a des logements libres partout et qu’on sait les ouvrir » confie un membre.

Malgré le choc de cette fin brutale, les fidèles de « Slôli » n’ont donc qu’une envie, « recommencer ». Mais emprunter la voie légale ou non, là ils hésitent encore…

 

Céline Roudière

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