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Fin du plan Grand froid à Toulouse, 170 sans-abris à la rue ?

Hier, une centaine de personnes a occupé le gymnase Pierre Montané

La fin du plan Grand Froid est synonyme de remise à la rue pour beaucoup. Les températures qui grimpent, c’est une mauvaise nouvelle pour les sans-abris et les travailleurs sociaux. Hier, une centaine de personnes a occupé le gymnase Pierre Montané.

 

« Remettre à la rue 170 personnes, c’est impossible. » Le groupement pour le travail social (GPS) et les salariés de la veille sociale occupent depuis 6 heures ce lundi matin le gymnase Pierre Montané. Entre les lits pliables et les couvertures, ils refusent la fermeture des places d’accueil d’urgence pour les sans-abris.

Le plan Grand Froid, instauré par la préfecture le 27 janvier, prévoit l’augmentation des places d’hébergement d’urgence. Mais, dès que les températures augmentent, l’accueil est réduit. Pour protester, les travailleurs sociaux se sont mis en grève. Le 115 est fermé jusqu’au dispatching de 19 heures. « L’État a l’obligation de loger tout le monde. Il est dans l’illégalité s’il ne le fait pas. Nous demandons des solutions pérennes pour tous les sans-abris » martèle une membre du GPS.

Dans le gymnase Pierre Montané, ils ont fait irruption vers 6 heures du matin, pour empêcher la fermeture du centre. Plus de 70 sans-abris ont passé la nuit ici. Certains partent avec le bus du matin, d’autres restent pour soutenir la cause. « D’habitude, un bus les prend à 7 heures du mat’ pour les amener au centre du Ramier où ils peuvent manger et se laver. Ici, ils n’y a pas de douche et à peine un wc ! Le gymnase n’est ouvert que de 21 heures à 7 heures du matin, et ce sont des bénévoles qui gèrent» s’indigne Annabelle Quillet du GPS.

 

Deux nuits de plus

Vers midi, Claude Touchefeu, adjointe au maire en charge du social, est venue rencontrer les occupants. Elle a garanti l’accès au gymnase Lamartine, à Saint-Cyprien. « Pour des questions pratiques, ils doivent changer de gymnase. J’en appelle à la responsabilité de l’État afin qu’il crée des places pérennes. Nous manquons d’hébergement à Toulouse ! » Les travailleurs sociaux et les sans-abris ont levé l’occupation.

Max* a participé aux débats. Il est à la rue depuis le 9 février. Durant la période de grand froid, il est ballotté entre les centres d’hébergement. « Ma seule demande, c’est de ne pas dormir à la rue », résume-t-il. Il dormira peut-être au gymnase Lamartine ce soir. S’il y a assez de place. Même si un toit est garanti à Max et aux 170 sans-abris jusqu’à ce soir, les travailleurs sociaux ne comptent pas en rester là.

 

Pauline Amiel

 

* Le prénom a été changé

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