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Toulouse. Elle accuse ses employeurs d’esclavagisme

Toulouse. Elle accuse ses employeurs d’esclavagisme Illustration cdr
Toulouse. Elle accuse ses employeurs d’esclavagisme
Illustration cdr

Une femme sénégalaise de 38 ans a décidé de porter plainte contre une famille d’origine sénégalo-libanaise installée à Toulouse. Elle affirme avoir été victime d’esclavagisme pendant 5 années, après que ses employeurs lui aient retiré son passeport et autres documents d’identité.

La rencontre entre les 2 protagonistes a débuté à Dakar, capitale du Sénégal. Très fortunés, les futurs employeurs cherchaient du personnel de maison pour leur habitation française, témoigne la plaignante.

Elle arrive donc dans le Sud-Ouest où elle reste un mois, avant de revenir quelques mois plus tard pour retravailler avec cette même famille. Elle bénéficie de nouveau d’un visa d’un mois, mais les conditions de travail changent, et elle reste finalement plus longtemps.

Lors de son arrivée à l’aéroport, ses employeurs lui auraient pris son passeport. Elle devait dormir sur un matelas qu’elle transportait d’un appartement à l’autre. Les enfants et le frère de l’employeur habitant le même immeuble, ils se partageaient les services de la trentenaire, rapportent nos confrères de la dépêche du Midi. Elle n’avait non plus pas le droit de se rendre à l’église, ses appels téléphoniques étaient limités, et elle devait cuisiner tous les jours pour 10 personnes, témoigne-t-elle au tribunal.

Les employeurs nient en bloc

La plaignante, représentée par Me Judith Amalric-Zermati, a décidé de mener une action devant le tribunal correctionnel de Toulouse, mais également devant les Prud’hommes. Elle aurait profité que ses employeurs soient en vacances pour récupérer ses papiers et s’enfuir. Ceux-ci sont attaqués pour « traite des êtres humains », travail dissimulé, emploi d’un étranger sans titre et aide au séjour irrégulier.

Le juge d’instruction a décidé, après étude du dossier, d’abandonner les poursuites pour traitement inhumain, car aucune preuve d’un quelconque hébergement dans des conditions indignes n’a été relevée. Contactée par nos soins à ce sujet , Me Amalric-Zermati ne peut encore se prononcer « je n’ai pas eu encore de réponse officielle de la justice mais le délai me paraît normal dans ce cas de figure. De toutes façons il est sur qu’il  existe d’autres problèmes dans ce dossier ».

Les employeurs sont en revanche toujours poursuivis pour emploi d’un étranger sans titre et aide au séjour irrégulier. La défense, de son côté, assure que ce dossier n’a pour objectif pour la plaignante que d’obtenir un titre de séjour et de rester en France. L’affaire sera prochainement jugée par le tribunal correctionnel de Toulouse.

 

Raphaël Crabos

La rédactionhttps://www.toulouseinfos.fr
Pierre-Jean Gonzalez, rédacteur en chef de toulouseinfos.fr a collaboré avec de nombreux médias avant de prendre la direction du site toulousain, qui existe depuis 10 ans.

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