Accueil Articles Politique Moudenc: « Pierre Cohen ne coupera pas au verdict des toulousains sur son mandat »

Moudenc: « Pierre Cohen ne coupera pas au verdict des toulousains sur son mandat »

Pour Jean Luc Moudenc, les élections municipales ont déjà commencé.Le rapport d’observations définitif de la Chambre Régionale des Comptes (CRC) pour la période 2006-2010 vient d’être rendu public par le maire de Toulouse Pierre Cohen. Après lecture attentive du document, son prédécesseur Jean-Luc Moudenc a fait quelques découvertes. Un rapport qui pour le député haut-garonnais dévoile une gestion très discutable des finances de la ville et de son personnel. Selon l’ex-maire, celle-ci risque de se retrouver prise à la gorge d’ici deux ans. L’équipe dirigeante qui sortira victorieuse des prochaines élections municipales pourrait ainsi être confrontée à de grandes difficultés.

 

« Le financement propre disponible est passé de près de 259 millions d’euros en 2006 à 138 millions d’euros en 2010 ». C’est ce que la Chambre Régionale des Comptes stipule noir sur blanc à la page dix-sept de son dernier rapport d’expertise sur la commune de Toulouse. Une chute de 53,4% que l’instance midi-pyrénéenne relie directement à « la baisse de la capacité d’autofinancement » et de celle des « recettes provenant des cessions d’actifs ». En clair, cela signifie que les dépenses ont fortement augmenté dans un laps de temps relativement court. Ce que Jean-Luc Moudenc craint, c’est que la ville se retrouve obligée de recourir à l’emprunt. Une piste envisagée par Pierre Cohen lui-même dans le fameux rapport. « Au sortir de notre mandat, nous avions laissé les caisses pleines » souligne l’ancien maire. « J’ai bien peur hélas qu’en 2014, cette capacité d’autofinancement soit proche de zéro. Cette dégradation des finances, je l’avais déjà pointée au Conseil Municipal de l’an dernier. Mais à partir du moment où c’est la CRC qui le dit, cela devient grave » complète-t-il. Joël Carreiras, adjoint aux finances, n’a d’ailleurs pas caché les intentions de sa hiérarchie. Il s’en explique dans un entretien accordé au quotidien majeur de Toulouse le 6 octobre dernier. « L’ancienne municipalité a constitué un stock de réserves de 140 millions d’euros [….]. Nous l’avons utilisé et nous allons désormais emprunter. Nous nous apprêtons à y recourir pour le prochain budget ».

 

Les pieds sur la table

L’autre sujet de désolation pour le député est le nouveau régime indemnitaire, qui établit les critères de primes pour les employés municipaux. Sous son mandat, ces bonus salariaux étaient annuels. Un tiers attribué automatiquement, le deuxième selon l’appréciation de l’encadrement et le reste en fonction de la présence effective, contrôlée par horodateur. Ces pointeuses ont depuis été enlevées. 80% du régime indemnitaire est octroyée mensuellement et la présence au travail n’est plus critère d’attribution. « Tout cela traduit un recul du rôle de l’encadrement. Il se remarque aujourd’hui une démotivation du personnel ainsi qu’une explosion de l’absentéisme » déplore Jean-Luc Moudenc. « Entre 2007 et 2009, le nombre de jours d’absence pour chaque agent est passé de 25 à 32. Ce qui, au vu de l’effectif, représente une perte de six millions d’euros par an ». Enfin, le leader de la droite toulousaine regrette un système de promotion interne qu’il estime disparu. « Depuis que Pierre Cohen est aux affaires, il a nommé quarante directeurs chefs de service, dont trente-huit ne viennent pas de la collectivité. Où sont passés le mérite et l’ascenseur social ? » s’interroge le député. « La promotion interne a été abandonnée au profit d’une greffe d’éléments extérieurs, dont on sait très bien qu’ils ont du montrer patte blanche » fustige t-il. Pour remporter les prochaines élections municipales, voilà peut-être pour le responsable politique de quoi agrémenter son stock de billes. Et l’intéressé de prévenir. « Nous ne les laisserons pas fuir leurs responsabilités. En 2014, Pierre Cohen ne coupera pas au verdict des toulousains sur son mandat ». Le rendez-vous s’annonce grinçant.

 

Christophe Guerra

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