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Le McDonald’s d’Esquirol orné d’images « fortes et emblématiques » de Jean Dieuzaide

Le McDonald's d'Esquirol orné d’images « fortes et emblématiques » de Jean DieuzaideHier après-midi, le très attendu restaurant Mc Donald’s de la place Esquirol fêtait son inauguration en présence de Michel Réglat, qui met ainsi un dix-neuvième fast-food sous sa direction. Un établissement disposé sur trois étages parmi les plus vastes de l’hexagone et qui parie sur l’innovation des services. Mais l’attraction-phare de ces locaux fraîchement édifiés reste une décoration qui se veut enchanteresse. En effet, quarante clichés grand-format de l’illustre photographe toulousain Jean Dieuzaide sont plaqués aux murs pour le plus grand plaisir des yeux. Son fils Michel ainsi que le responsable de la galerie Dieuzaide ont arboré des visages émus et satisfaits.

 

Une esthétique, une réussite, une fierté. Jean Dieuzaide, véritable monstre de la photographie française et capteur infatigable d’instants de vie toulousains, a enfin sa vitrine permanente. Quarante et un clichés noir et blanc, teintés au sépia et tirés en argentique sur des panneaux en relief. Indéniablement, ça en jette. Fabrice Galvani, galeriste toulousain responsable de l’exposition, explique les détails de cette réalisation. « Il fallait donner une petite coloration à ces photographies, en opérant la transition entre l’époque des années cinquante et la modernité des nouveaux matériaux. Avec Michel Dieuzaide, nous en avons modifié certains cadrages tout en conservant l’identité des clichés ». Mais encore fallait-il dégager une thématique précise pour habiller ces murs et trier dans l’œuvre immensément dense de l’artiste. « Michel Dieuzaide, Michel Réglat et moi-même avons travaillé ensemble. Nous avions carte blanche sur le choix mais aussi sur la scénographie » explique le responsable de galerie. Cette réflexion, engagée depuis l’été, a réussi à trouver une façon de mettre œuvres et lieu en synergie. « Ces images sont comme des petites anecdotes de la vie qui se conjuguent très bien entre elles. Il y a dans ces photographies une connotation festive, avec beaucoup de scènes de joie et de liesse » se réjouit Fabrice Galvani. Une option judicieuse et plutôt cohérente avec l’image générale renvoyée par la chaîne de restaurant. A savoir aussi qu’un petit écriteau indiquera le titre et la date de chaque prise de vue. Une disposition utile pour découvrir l’œuvre d’un personnage que tous ne connaissent pas forcément, notamment les plus jeunes.

 

« Une sauvegarde du patrimoine »

Des clichés exclusifs d’un monument de la photographie et les locaux d’un fast-food, la connexion est au départ peu évidente. « L’idée a germé en octobre 2011 dans le cadre de la revalorisation et de la re-commercialisation du quartier Esquirol. Peu importe qui prenait place ici. L’important était de redonner une identité culturelle à ce lieu » insiste le galeriste. L’emplacement géographique de cette mini-exposition est en fait tout sauf anodine. C’est en effet dans le quartier d’Esquirol que Jean Dieuzaide était installé jusqu’aux années 1960. Et à quelques pas de là, de l’autre côté du Pont Neuf, qu’il avait fondé en 1974 la célèbre galerie du Château d’Eau. « L’idée était celle d’un trait d’union entre ces lieux, entre les rives droite et gauche de la Garonne » explique Fabrice Galvani. « Les photographies exposées ici sont des images fortes et emblématiques de la Ville rose. C’est un bel hommage rendu ». Michel, le fils du défunt Jean Dieuzaide disparu en 2003, observe les locaux l’œil humide. « C’est pour moi un petit peu d’émotion que de voir ces grands tirages, je n’avais toujours vu que les originaux. Le choix a été bien fait, je sens un écho. Tout cela sonne juste ». C’est peut-être aujourd’hui la municipalité qui se mord les doigts. Celle-ci n’a pas su ou voulu concrétiser l’idée d’une maison Dieuzaide amorcée par l’ancienne équipe dirigeante. « On parle d’un Musée Jean Dieuzaide, mais ce n’était pas du tout la teneur du projet que nous avions évoqué avec la municipalité précédente. Il s’agissait d’un bâtiment d’archives, avec en prime une galerie sur le thème de l’humanisme » clarifie l’homme. « Sans vouloir polémiquer, j ai l’impression que la mairie n’a pas encore bien saisi le concept. Ce n’est pas un musée que l’on veut, mais une sauvegarde du patrimoine ».

 

*A noter que le restaurant de la place Esquirol aurait du ouvrir ses portes à sept heures ce matin. Mais en raison d’un problème de volet, son ouverture a été reportée par la commission de sécurité qui doit statuer ce midi. Photographes, amateurs et petits curieux devront donc patienter un jour de plus pour admirer les somptueux clichés autour d’un bon sandwich.

 

Christophe Guerra

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