Brigitte Boucheron : « la culture lesbienne ne peut se constituer qu’en dehors d’une présence masculine »

📁 Culture 🕔17 avril 2012
Des films sont présentés à l’ABC, à l’Utopia (photo) ou encore à la Cinémathèque.

Du 31 mars au 28 avril, se tient à Toulouse la 15ème édition du Printemps lesbien, l’occasion de découvrir l’actualité lesbienne au travers d’une dizaine d’évènements.


Hymne au féminisme et au lesbianisme. Voilà comment définir le Printemps lesbien. Depuis 15 ans, ce festival est le rendez incontournable de la communauté lesbienne à Toulouse.

Et pour cause  une véritable culture lesbienne s’est mise et se met encore en place. « 1995 constitue une date cruciale. Pour la première fois, on sent un intérêt pour la production littéraire lesbienne dans l’édition hétérosexuelle surtout en matière de romans policiers » explique Brigitte Boucheron, présidente de l’association Bagdam Espace lesbien organisatrice de l’évènement. Au-delà d’une littérature lesbienne prolifique, le cinéma est également mis à l’honneur pour cette quinzième édition. Là, le rendez-vous est donné à l’ABC mais aussi à l’Utopia ou encore à la Cinémathèque pour des films tels que Plan v ou Dorian gray.

 

Une culture de la réflexion

Le printemps lesbien permet aussi un véritable travail de réflexion. « On a deux objectifs : être visibles face aux hétérosexuelles mais aussi être visibles pour les lesbiennes » avance Brigitte Boucheron. Cela répond à une volonté de revendiquer une place dans la société et surtout une légitimité.  « La non-mixité est par contre une évidence surtout en matière de création » continue l’organisatrice. En effet, selon cette dernière, la culture lesbienne ne peut se constituer qu’en dehors d’une présence masculine.

« Etant donné que la mysoginie sert  de pierre angulaire à notre société, difficile de s’affirmer dans la création quand le spectre de la domination  masculine plane. » Au travers d’expositions, de concerts et de rencontres, la lutte féministe a la part belle. « Nous, lesbiennes, échappons à l’appropriation physique des hommes ». C’est pourquoi, elles « doivent être neutralisées » analyse Brigitte Boucheron. Elles seraient l’exemple qu’un modèle culturel et sociétal peut se constituer sans la domination masculine.

 

Hamdani Nadia

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