Le Récébédou : « l’antichambre d’Auschwitz » au cœur de Toulouse

📁 Musées 🕔21 août 2013

vue du RécébédouInstallé dans un ancien bâtiment du camp du Récébédou, le musée de la mémoire vise à retracer l’histoire d’un quartier qui est passé d’un centre d’hébergement à « l’antichambre d’Auschwitz » durant la seconde guerre mondiale.

 

Construit en 1939, Le Récébédou est à la base une cité ouvrière qui accueille les travailleurs de la Poudrerie Nationale de Toulouse(PNT). À partir de Juin 1940, le quartier devient un centre d’hébergement qui voit plusieurs vagues d’exilés s’y réfugier. Ce sont d’abord les républicains espagnols fuyant la guerre civile, puis les populations civiles du Nord de la France et de la Belgique et enfin les juifs étrangers qui sont internés au Récébédou.

Durant l’été 1942, le quartier devient un des points importants de la « solution finale » dans la région, puisque 749 internés sont envoyés vers les camps de la mort. En Septembre, le lieu est fermé grâce à l’intervention du Cardinal Saliège, Archevêque de Toulouse. À la fin de la guerre, une partie de la cité ouvrière est réinvestie par des républicains espagnols rescapés du camp de Matthausen. Cette communauté prend alors l’appellation de « Villa Don Quichotte ». « Certaines familles espagnoles se sont définitivement installées au Récebédou » précise André Parpagiola, responsable du musée.

Du camp-hôpital au centre de mémoire

Le musée est inauguré le 6 Février 2003, par François Peraldi, maire de Portet Sur Garonne et Elie Wiesel, Prix nobel de la paix 1986. Il est aménagé dans un des anciens bâtiments du camps. Des conférences, des débats, des projections et autres animations sont organisés toute l’année sur des thèmes historiques ou sociétaux avec le soutien d’associations.

Le musée se divise alors en 3 parties. La pièce centrale sert à accueillir les expositions temporaires et les événements cités précédemment.  La deuxième salle expose une grande maquette représentant le camps lors de sa création en 1939. Elle est agrémentée de photos et de lettres. « Elles ne viennent pas nécessairement du Récébédou, mais la plupart ont été prises dans d’autre camps du Sud de la France comme Gurs » explique André Parpagiola. On y trouve aussi des panneaux qui retrace l’histoire du camps.  La dernière salle se veut une reconstitution d’un dortoir. Elle est composée de meubles et d’objets récupérés ici ou là par le musée, ou données par l’Association Mémoire Active Récébédou (AMAR).

Si l’établissement a un projet intéressant, il présente néanmoins deux défauts majeurs. D’abord, il est difficile d’accès, les bus s’arrêtent loin du musée. De plus, la collection étant très restreinte, on en fait vite le tour.

 

Romain Lorenzo

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