François Verdier, de bourgeois de gauche à chef régional de la résistance

📁 Toulouse en questions 🕔12 août 2014

Métro François VerdierTous les toulousains ont déjà entendu le nom de François Verdier, que ce soit au détour de la station de métro qui porte son nom ou dans les livres d’Histoire. Surnommé « Forain », il a été un héros de la résistance toulousaine pendant la Seconde Guerre Mondiale.

 

Né en 1900 en Ariège, avant que la guerre n’éclate, François Verdier dirigeait un commerce de machines agricoles. « C’était un bourgeois de gauche » explique Rémy Pech, ancien directeur de l’Université du Mirail. « Il faisait aussi parti de la franc-maçonnerie, qui a tenu un rôle important dans la lutte contre le régime de Vichy ».

Lorsque l’Allemagne envahit la France et que le Maréchal Pétain instaure le régime de Vichy, François Verdier se voit confisqué son siège au Tribunal de commerce à cause de son appartenance à la franc-maçonnerie. Alors secrétaire de la Ligue des Droits de l’Homme, il avait notamment participé à la collecte et à l’envoi de matériels aux combattants républicains espagnols. Entre 1940 et 1941, il rejoint plusieurs groupes toulousains dissidents dont « Vérité », avec lequel il entreprend ses premières actions d’informations dans le but de faire réagir la population.

 

La double vie

Quelques mois après, il se rallie à un mouvement de plus grande ampleur, Libération-Sud, au sein duquel il est rapidement amené à assumer d’importantes responsabilités. L’Homme mène alors une double vie. D’un côté, Verdier, le commerçant père de deux enfants, de l’autre « Forain », le résistant courageux et téméraire. « La portée politique de ce mouvement n’avait pas comme seule vocation de lutter contre le nazisme, mais aussi contre le régime autoritaire de Vichy. François Verdier défendait avant tout les valeurs démocratiques » affirme Rémy Pech. Dès 1942, il entame un processus d’unification : les Mouvements Unis de la Résistance (MUR). « Il devient le chef principal du réseau toulousain puis du réseau régional en juin 1943 », choisi par le Général de Gaulle.

Décembre 1943, lors de « l’opération de minuit », la Gestapo frappe à sa porte. Probablement trahi, il est arrêté puis emprisonné à la prison Saint Michel. Interrogatoires, tortures, François Verdier résistera à un mois un demi de tourment sans jamais parler. Il sera discrètement conduit dans la forêt de Bouconne le 27 janvier 1944, exécuté d’une balle dans l’abdomen.

 

Article de Rémi Beaufils

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