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Posté le Samedi 06 Février 2010
Permis de rester pour la famille Derrar
Le quartier des Izards de Toulouse a fêté hier l'annonce d'une bonne nouvelle pour la famille Derrar. Après des menaces d'expulsion et une mobilisation importante à leurs côtés, un titre provisoire de séjour leur a finalement été accordé.
« Je félicite le comité de soutien et ceux qui ont permis qu'ont puisse continuer notre vie ici », a annoncé Mustapha Derrar.
L'arrêté d'expulsion prononcé contre la famille Derrar a finalement été retiré hier.
Ce père d'une famille de 4 enfants a quitté son poste de professeur de sport en 2005 pour suivre sa femme, venue en France en 2003 pour recevoir les soins adapté à sa maladie, un cancer. Les enfants ont suivi : Fatima, Nazia, Bouchra, puis Mohamed, né en France.
Tous sont intégrés dans la vie du quartier des Izards : le père se réjouit de pouvoir continuer à travailler en tant que bagagiste à l'aéroport de Blagnac, et de poursuivre sa vie sociale en tant qu'entraîneur de l'équipe de foot du coin, et représentant de parents d'élèves à l'école maternelle Ernest-Renan.
Pourtant, le 6 janvier, la famille a reçu un arrêté d'expulsion les sommant de quitter le territoire dans un délai d'un mois.
Témoin d'une décision adressée à un père salarié, une mère malade, et 4 enfants scolarisés, la population du quartier a décidé d'agir. Les camarades de Fatima, en bac pro du lycée Toulouse Lautrec de Tournefeuille, ont été très présents dans ce combat solidaire contre la préfecture de Haute-Garonne.
Une centaine de personnes a rapidement rejoint le comité de soutien contre l'expulsion de la famille Derrar : amis, enseignants, élus, ces personnes de tous âges se sont fréquemment mobilisés lors de ses dernières semaines.
Le 27 janvier dernier, place du Parlement, ils ont notamment fait savoir que « la France a le devoir d'accueillir la famille Derrar ». Nicolas Le Clézio, membre du comité, en parlait au micro de Régis Bachelu.
Hier, la député PS Monique Iborra a finalement reçu un courrier daté du 2 février qui accorde la régularisation à titre « tout à fait exceptionnel et dérogatoire » de la famille Derrar, vu sa « bonne intégration ». Un permis de séjour d'une année renouvelable leur sera attribué.
A 14 heures, le quartier s'est rassemblé sur la place Micoulaud pour une manifestation de joie. Hatem Ben Ismaïl, responsable du centre d'animation des Chamois, se réjouit de cette nouvelle, « obtenue grâce à des actions pacifiques qui ont payé. Nous sommes tous novices dans ce type de mobilisation et nous espérons le rester ».
Anaïs Wahl



